Une réunion d'information destinée aux résidents évacués de Saint-Laurent a rassemblé 250 personnes.
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Bahador Zabihiyan
Plus de cinq mois après les inondations qui ont touché les résidents de Saint-Laurent, la reconstruction tarde à montrer ses effets, ce qui compromet la cohésion de la communauté et son économie.
La soirée du 31 mai 2011 restera gravée dans la mémoire des habitants de Saint-Laurent. Ce soir-là, une terrible tempête s'est abattue sur les chalets et les maisons au bord du lac Manitoba et les stigmates du désastre sont toujours présents.
« Ces cinq derniers mois, rien n'a changé. Cela a pris si peu de temps pour tout détruire, pourquoi est-ce que cela prend si longtemps pour tout remettre sur pied », se demande Annette Vialett, une résidente de Laurentia Beach.
Certains ont tout perdu et d'autres, comme Mme Vialett, s'accrochent à ce qu'il leur reste. « Pour nous, ce n'est pas une option, on a nos pompes à la cave, on ne peut pas s'en aller. Il faut que quelqu'un vienne les vérifier tous les jours. On aimerait peut-être bien s'en aller, mais on ne peut pas. Qui s'occupera de notre maison? », se désole-t-elle. Entre quatre murs et une odeur nauséabonde, elle a passé tout son été à rénover son sous-sol.
Malgré la chaleur estivale, les plages de Saint-Laurent étaient désertes cet été, alors que certains étés la population triple pour atteindre 4500 personnes.
Le chiffre d'affaires de Paul Bélaire, le gérant du dépanneur Graton, ouvert depuis 1939, ont fondu comme neige au soleil. De mi-juin à mi-septembre, les recettes atteignent d'habitude jusqu'à 45 % de son chiffre d'affaires annuel. Cet été, les pertes se sont chiffrées à environ 150 000 $.
Il n'est pas le seul commerçant à en pâtir et à craindre pour sa survie. Toute l'économie locale tourne au ralenti.
L'industrie de la pêche est également menacée. Earl St-Goddard pêche sur glace depuis 30 ans. « Je suis allé une fois cet été pour pêcher un ou deux poissons pour ma famille. La sécurité nous a dit non. C'est notre vie [la pêche], il va falloir nous donner votre job. Ils n'ont pas trop aimé ça », raconte-t-il.
Il craint qu'on lui interdise également de pêcher cet hiver. La pêche sur glace lui rapporte 15 000 $ en moyenne chaque hiver. Il s'agit pour lui d'un gagne-pain, mais surtout d'une tradition qu'il souhaite conserver.