Une base de données pour retrouver la trace des voyageurs

Le Centre du patrimoine de St-Boniface à Winnipeg compile une base de données sur les voyageurs français dans l'Ouest. Le Centre du patrimoine de St-Boniface à Winnipeg compile une base de données sur les voyageurs français dans l'Ouest.

Chaque année au Manitoba, le mois de février est consacré à rendre hommage aux voyageurs. Ces gens furent l'épine dorsale du commerce de l'Ouest canadien durant plusieurs centaines d'années, bien que l'on en sache très peu sur eux.

Souvent illettrés, ces voyageurs ont la plupart du temps laissé pour seule trace écrite de leurs passages un contrat signé devant un notaire. Ce genre de document, qui témoigne de la présence française dans l'Ouest canadien, est désormais compilé dans une base de données accessible sur le nouveau site Internet du Centre du patrimoine de Saint-Boniface.

« À peu près tous les voyageurs qui quittaient la vallée du Saint-Laurent pour aller travailler dans l'ouest ou dans le sud comme l'Ohio signaient un contrat avec un marchand. » — Gilles Lesage, directeur de la Société historique de Saint-Boniface

Le site web du Centre du patrimoine permet la consultation de plus de 35 000 contrats de voyageurs. Il a fallu plus de 15 ans pour constituer cette banque de données.

« On voit, en regardant tous ces contrats de voyageurs, qu'ils vont non seulement dans le nord-ouest, mais aussi à Détroit, à Saint-Louis, à La Nouvelle-Orléans. (...) Ce n'est pas simplement une histoire du nord-ouest, mais une histoire nord-américaine », précise Robert Englebert, professeur d'histoire à l'Université de Saskatchewan.

La présence des voyageurs français dans l'Ouest canadien est étudiée de près. La présence des voyageurs français dans l'Ouest canadien est étudiée de près.

« Sachant qu'un voyageur de tel nom était présent dans l'Ouest et qu'on retrouve son nom dans un récit de voyage d'un traiteur, ça nous permet, à l'occasion, de formuler des hypothèses », raconte un professeur de toponymie à l'Université d'Alberta, Carol Léonard.

Cet outil s'avère d'autant plus précieux que les Français ont baptisé plus de 10 000 lieux dans l'Ouest canadien. La base de données a toutefois ses limites. Il reste encore des milliers de contrats à trouver et à numériser.

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