Pour sa sixième édition, le sommet des religions se tenait à Winnipeg.
Les dirigeants religieux ont remis le rapport contenant leurs recommandations au ministre d'État Stephen Fletcher, chargé de le transmettre au premier ministre, en vue des sommets du G8 et G20.
Le sommet des religions s'est terminé mercredi à Winnipeg où quelque 80 dirigeants interreligieux s'étaient donné rendez-vous en vue de rédiger un rapport destiné aux principaux dirigeants de la planète.
Ce document renfermant les recommandations de ces religieux a été remis mercredi au ministre d'État Stephen Fletcher, qui doit le transmettre au premier ministre Stephen Harpen. Ce dernier l'emportera avec lui aux sommets du G8 et du G20.
Depuis 2005, les dignitaires religieux de partout dans le monde se réunissent en marge de ces deux sommets pour rappeler aux chefs d'État et de gouvernement de tenir leurs promesses envers les populations les plus vulnérables de la planète.
Leurs recommandations portent sur l'éradication de la pauvreté extrême, la protection de l'environnement et la promotion de la justice et de la paix.
Ils souhaitent, entre autres, que les pays riches investissent 0,7 % de leur revenu national brut dans le développement des pays les plus pauvres.
Ils réclament également un plan environnemental concret visant à ramener la température de la planète à 2 degrés près de ce qu'elle était avant l'ère préindustrielle.
En matière de justice et de paix, les religieux suggèrent d'investir dans des missions de paix plutôt que dans l'armement nucléaire.
Parler d'une seule voix
Les représentants religieux doivent agir sur tous les fronts, y compris la sensibilisation des populations, estime le secrétaire général de la Conférence des Églises de toute l'Afrique, André Karamaga.
« C'est un cri du coeur que nous lançons aux dirigeants pour qu'ils ne prennent pas seulement en compte la dimension économique des choses, mais qu'ils soient capables de comprendre que l'être humain prime sur l'économie », indique le vice-président de l'Assemblée spirituelle nationale, Lucien Crevel.
Ce dernier, également représentant de la Communauté bahá'íe de France qui participe pour la première fois au sommet, est d'avis que réunir tous ces chefs religieux est en soi un événement important.
« Je suis très heureux de voir que les leaders religieux ont pu se rassembler, mettre de côté leurs petites divergences, qui finalement sont mineures et secondaires par rapport au dessein lui-même de Dieu, et d'être capable d'exprimer d'une seule voix ces recommandations aux chefs d'État ».
Les religions, qui sont souvent accusées d'être des faiseurs de guerres, prouvent qu'elles sont capables de réfléchir ensemble, ajoute encore M. Crevel.