La télévision du réseau anglais de Radio-Canada a sollicité la collaboration d'un spécialiste en statistiques pour analyser les résultats d'un rapport sur les gagnants à la loterie dans l'ouest du pays en 2007.
Les vendeurs de billets de loteries et les commis des dépanneurs de l'Ouest canadien gagnent plus souvent que ce que prévoient les lois de la probabilité, selon une enquête de la CBC.
L'enquête de la CBC indique que le problème de fraude est moins criant que celui qui a été mis au jour en Ontario par l'émission The Fith Estate. Par contre, l'analyse par le professeur Jeffrey Rosenthal de l'Université de Toronto du rapport de la firme Ernst & Young sur les gagnants en 2007 démontre que les vendeurs de loteries et les commis des dépanneurs des provinces des Prairies, des Territoires du Nord-Ouest et du Yukon gagnent plus souvent à la loterie que ce que prévoient les lois de la probabilité.
Selon l'analyse réalisée par le professeur Rosenthal, entre 2003 et 2006, les employés des dépanneurs et les vendeurs de billets de loterie auraient pu gagner un montant supérieur à 10 000 $ au moins 34 fois. Or, ils ont gagné à 67 reprises. Selon les règles de probabilité, ils avaient une chance sur 2 millions 300 mille de gagner et ne pouvaient avoir été aussi chanceux.
Jeffery Rosenthal conclut, après analyse des données, qu'il est pratiquement impossible que les commis de dépanneurs et que les vendeurs de billets aient gagné aussi souvent. Ce dernier ne veut pas porter d'accusations contre tous les détaillants et croit qu'un petit nombre de vendeurs seulement serait visé. Le professeur Rosenthal croit toutefois qu'il y aurait lieu de mener une enquête, en particulier au Manitoba et dans les Territoires du Nord-Ouest.
L'ombudsman de l'Ontario, André Marin, a mené une enquête à la suite du scandale des loteries en Ontario. Il affirme qu'il n'est pas surpris des conclusions de l'analyse du professeur Rosenthal. Il rappelle qu'en Ontario, le problème était tel qu'il y a eu un grand ménage au sein de l'administration de la société des loteries. La moitié des cadres ont démissionné, ont été congédiés ou ont pris une retraite anticipée. Selon monsieur Marin, la société des loteries de l'ouest devrait aussi procéder à une vaste enquête.
La Western Canada Lottery Corporation, la société des loteries de l'ouest, refuse de commenter l'analyse réalisée par le professeur Rosenthal et souligne tout au plus que les résultats ne prouvent pas qu'il y a eu fraude. La société des loteries souligne aussi que des changements ont été apportés dans les points de vente après la mise au jour du scandale en Ontario.
L'enquête de la CBC a aussi démontré que les nouvelles règles de sécurité ne sont pas toujours respectées. Selon des rapports pour 2008 obtenus par la CBC, les vendeurs omettent de demander aux clients de signer leur nom sur le billet avant de valider le gain. Dans certains cas, ils omettent même de redonner le billet au gagnant.
Le scandale en Ontario en 2006 a amené la Loterie de l'Atlantique à mener une enquête interne qui a démontré qu'un nombre trop élevé de vendeurs gagnait à la loterie.
En Colombie-Britannique, des changements importants ont été apportés et le directeur de la société des loteries a été remercié, à la suite d'une enquête de l'ombudsman.