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Chris Wattie
Un renversement du gouvernement conservateur pourrait contribuer à la perception de certains électeurs de l'Ouest, à savoir que les provinces de l'Est, essentiellement le Québec et l'Ontario, mènent encore la politique canadienne.
Un renversement du gouvernement conservateur pourrait contribuer à la perception de certains électeurs des quatre provinces de l'Ouest que le Québec et l'Ontario dominent la politique canadienne.
Dans un gouvernement de coalition, les libéraux et les néo-démocrates se répartiraient proportionnellement les portefeuilles ministériels, avec l'appui du Bloc québécois.
Un gouvernement de coalition risque d'aliéner les électeurs de l'Ouest, selon des politologues au pays, car les conservateurs dominent dans l'Ouest, et des ministres importants, dont le premier ministre Stephen Harper, proviennent de cette région.
Réactions au Manitoba
Barb Polson, une électrice de Winnipeg, est perplexe face à la crise politique actuelle. Elle rappelle que les Canadiens ont choisi les conservateurs, il y a quelques semaines seulement. Pour cette dernière, le Parti libéral et le Nouveau Parti démocratique n'ont pas le mandat de former un gouvernement.
Le politologue Paul Thomas, de l'Université du Manitoba, n'est pas étonné de cette réaction. Il prévoit une profonde frustration et de la colère chez plusieurs électeurs, tout particulièrement en Alberta, si l'opposition défait le gouvernement conservateur.
Selon le professeur Thomas, une fois de plus les Albertains vont réagir en disant que le Québec et l'Ontario leur enlèvent le pouvoir, avec l'aide du Bloc québécois qui a comme but de briser le pays.
De l'avis du professeur Thomas, les Manitobains sont plus cyniques relativement à la crise actuelle, car ils en veulent déjà à tous les politiciens, sans égards à leur affiliation politique.
Le politologue Raymond Hébert du Collège universitaire de Saint-Boniface partage cet avis. « C'est sûr que ça va diviser le pays, et les divisions, comme on le sait, sont régionales. C'est un aspect permanent du système politique canadien à l'heure actuelle. »
Il rappelle que le gouvernement Harper a lui-même déclenché la crise, la semaine dernière, avec son énoncé économique.
Réactions en Saskatchewan
Les relations privilégiées entre le gouvernement de la Saskatchewan et Ottawa seraient menacées si le gouvernement de Stephen Harper était renversé, de l'avis du premier ministre Brad Wall. Ce dernier est d'avis que le Canada doit éviter la formation d'un gouvernement de coalition non élu et qui a besoin du soutien des séparatistes.
Par contre, le politologue David McGrane de l'Université de la Saskatchewan croit que la province pourrait trouver des avantages politiques à l'établissement d'un gouvernement de coalition. « On va avoir une meilleure représentation ici en Saskatchewan avec Ralph Goodale qu'avec Gerry Ritz », précise-t-il. Il rappelle que dans un gouvernement réunissant libéraux et néodémocrates, le député libéral fédéral Ralph Goodale pourrait jouer un rôle de premier plan.
Réactions en Alberta
En Alberta, terre très conservatrice, château fort de Stephen Harper, la population dénonce ce putsch potentiel qu'elle qualifie d'opportunisme déplacé. Les électeurs refusent d'envisager un gouvernement qui profiterait de l'aide des séparatistes.
Le premier ministre Stelmach a demandé aux partis de l'opposition à Ottawa de mettre fin à ces absurdités et d'accorder priorité aux intérêts du Canada. Le premier ministre de l'Alberta a rappelé que le pays a besoin d'une direction axée sur la prudence et sur une politique économique forte pour attirer des investissements.
Réactions en Colombie-Britannique
Tout comme au Manitoba, les électeurs de la Colombie-Britannique voient mal comment le Parti libéral pourrait ravir le pouvoir aux conservateurs, alors que les électeurs de l'Ouest ont envoyé un message clair à Stéphane Dion et à son parti lors du scrutin du mois d'octobre. Certains conservateurs purs et durs réclament d'autres élections pour donner un gouvernement majoritaire à Stephen Harper.
À la suite des élections du 14 octobre dernier, les convervateurs ont fait élire 71 députés dans les provinces de l'Ouest, les néodémocrates 14 et les libéraux 7, dont deux sièges ont été confirmés à la suite de dépouillements judiciaires en Colombie-Britannique.