Hôpital général Saint-Boniface (archives)
L'hôpital de Saint-Boniface impose un moratoire sur les circoncisions.
La direction de l'institution admet qu'un nouveau-né a été circoncis sans le consentement de ses parents la semaine dernière. C'étaient les parents d'un autre bébé qui voulaient la circoncision pour leur enfant.
Le président directeur général de l'hopital, le Dr Michel Tétreault, promet d'aller au fond de l'affaire. « C'est des erreurs qu'on ne peut pas excuser, explique-t-il, mais qui continuent de se produire. On a des systèmes où on a des bracelets, on a le nom sur le dossier. Le personnel et la procédure sont là pour vérifier que le nom, le bracelet, le consentement, le médecin, le patient sont tous au bon endroit, poursuit le Dr Tétreault. [...] Malgré toutes les précautions, en chirurgie, une fois sur 15 000, on se trompe soit de patient, soit de sexe sur le patient. Alors, on a un système qui est en place, il n'y a pas eu d'incident récemment à l'hôpital, on pensait que le système marchait, évidemment il a failli, déplore-t-il. Dans ce cas-ci, il va falloir trouver comment le système a failli puis qu'est ce qu'on peut faire pour rendre le système meilleur ».
Selon le spécialiste en éthique au Centre d'éthique professionnelle et appliquée de l'Université du Manitoba, Arthur Schaffer, une telle erreur se produit tôt ou tard. « Les systèmes sont imparfaits, dit-il. Il pourrait s'agir de l'amputation d'un mauvais membre sur un patient, cela survient parfois. Nous devrions le voir comme l'occasion de mieux comprendre ce qui a mal été, pourquoi ça s'est passé et ce que nous pouvons faire pour que ça ne se produise plus. »
L'hôpital poursuit son enquête. Pour l'instant, des mesures disciplinaires ne sont pas envisagées. Le Manitoba est l'une des seules provinces où il est obligatoire de déclarer les erreurs médicales.
Les autorités médicales essaient de comprendre comment une telle erreur a pu être commise.