Incendie à l'église Saint-Philippe de Windsor : une énorme perte patrimoniale

Geneviève Proulx
Radio-Canada
L'église Saint-Philippe de Windsor détruite par les flammes

L'église Saint-Philippe de Windsor a été ravagée par les flammes dans la nuit de samedi à dimanche. Au plus fort de la lutte, une soixantaine de pompiers ont combattu les flammes.

L'incendie a débuté vers 2 h 30. Environ 70 personnes âgées qui habitent la Résidence Saint-Philippe, située derrière l'église, ont été évacuées. Elles ont été transportées à l'hôpital pour être au chaud, mais personne n'a été blessé. Elles ont pu réintégrer la résidence dimanche avant-midi.

Le brasier a été d'une rare intensité. « C'est certain qu'avec la chaleur qui se produisait, c'était difficile pour les gars. On ne pouvait pas s'approcher trop trop, il y avait aussi des risques d'effondrement », explique le directeur de la Régie intermunicipale des incendies de la région de Windsor, Michael Beattie.

Enquête

La Sûreté du Québec a ouvert une enquête puisque du vandalisme pourrait être à l'origine de l'incendie. « C'est un acte de vandalisme. J'ai trouvé des papiers à l'extérieur qui étaient à l'intérieur. Ils étaient éparpillés », soutient le curé de l'endroit, Guy Giroux.

De nombreux baptêmes, mariages et funérailles, qui devaient avoir lieu en cette église, devront être déplacés.

Une soixantaine de pompiers ont combattu les flammes. Une soixantaine de pompiers ont combattu les flammes.  Photo :  Annick Sauvé

L'église, située rue Saint-Georges, a été construite en 1892 et représente un joyau patrimonial exceptionnel. Un orgue de la maison Casavant de Saint-Hyacinthe y était installé depuis 1910. « Autant à l'intérieur qu'à l'extérieur, elle était aussi riche en culture qu'en beauté », souligne la mairesse de Windsor, Sylvie Bureau.

« C'est une église qui a subi très peu de modifications, où le maître-autel et les autels latéraux sont encore là. Il y avait beaucoup de sculptures dans la nef et les jubés », raconte la directrice du Musée des beaux-arts de Sherbrooke, Cécile Gélinas.

La Société des musées québécois et le Musée des beaux-arts de Sherbrooke venaient tout juste d'en faire l'inventaire.

« Elle avait un mobilier unifié avec encore la possession de la chaire. Il y a des détails qui sont à la fois merveilleux et émerveillants. C'est une perte irremplaçable. On ne peut pas construire une église de cette qualité avec l'accumulation des trésors », croit un prêtre spécialiste du patrimoine religieux, Paul Paré. 

On y trouvait aussi une collection de vêtements sacerdotaux uniques. « Ce sont des choses qui se sont faites avec des produits et du tissage exceptionnels, comme du fil d'or », explique M. Paré.

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