Drame de Drummondville : le père des victimes se sent abandonné par l'État

Drame de Drummondville : le père des victimes se sent abandonné par l'État

Me Marc Bellemarre, l'avocat de Patrick Désautels, le père des enfants retrouvés morts dans le logement de leur mère en décembre à Drummondville, dénonce que son client ne soit admissible à aucune aide gouvernementale en dépit du fait qu'il se considère comme une victime au sens propre.

M. Désautels n'a pas repris le travail depuis le drame qui a secoué sa famille et est donc sans revenu.

Selon Me Bellemare, le programme IVAC (Indemnisation des victimes d'actes criminels) n'a versé que 2000 $ par enfant assassiné à M. Désautels et lui offre un soutien psychologique. Il rappelle que l'ex-ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, avait promis à Isabelle Gaston, d'augmenter ce montant à 10 000 $ par victime.

L'avocat a rappelé que si ces enfants étaient décédés dans un accident de voiture, la Société d'assurance automobile du Québec aurait versé 50 000 $ par victime au père. « L'indemnisation pour la perte d'un enfant ne devrait pas dépendre de l'organisation dans laquelle on tombe », a-t-il déploré.

M. Désautels souhaiterait obtenir une indemnisation de l'IVAC destinée aux victimes d'actes criminels qui ne sont pas décédées, qui est comparable à celle prévue par la CSST. De son côté, l'IVAC lui refuse cette demande parce que selon l'organisme, M. Désautels n'est pas une victime de premier plan.

Pourtant, selon Me Bellemarre, c'est le père qui a découvert les enfants sans vie. « Il entre dans la catégorie des victimes. La Loi le prévoit bien que pour être une victime, il faut être blessé directement dans l'événement ou à l'occasion de l'événement. Ces images et la scène terrible dont il a été témoin lui reviennent à l'esprit couramment et le rendent inapte au travail. »

Loi C-44

En avril 2012, le premier ministre du Canada, Stephen Harper, et le sénateur sherbrookois Pierre-Hugues Boisvenu avaient annoncé la mise sur pied d'un programme visant à soutenir les proches de victimes d'acte criminel.

Ce programme servira à remplacer le revenu des parents qui cessent de travailler à cause de la mort ou la disparition d'un enfant victime d'un acte criminel. Ces parents recevront 350 $ par semaine jusqu'à concurrence de 35 semaines.

Toutefois, ce programme n'est accessible que depuis le 1er janvier 2013. Patrick Désautels n'est pas admissible puisque le drame est survenu le 2 décembre 2012.