Compressions dans les universités québécoises : les professeurs sherbrookois manifestent

Compressions dans les universités québécoises : les professeurs sherbrookois manifestent

Une centaine de professeurs de l'Université de Sherbrooke ont bravé le froid, jeudi midi, pour signifier leur inquiétude face aux compressions de 124 millions de dollars annoncées par Québec. De son côté, l'Université de Sherbrooke devra composer avec un manque à gagner de 13 millions de dollars.

Les professeurs de l'Université de Sherbrooke sont inquiets. Ils ont l'impression d'être les boucs émissaires du gouvernement qui voulait d'abord faire plaisir aux étudiants. « C'est sûr que c'est décourageant. Les gens sont un peu à court d'idées pour trouver des moyens pour faire plus avec moins. À un moment donné, il y a une limite à cela. Ça prend des moyens! », déplore l'un des manifestants, Robert Tétrault.

« L'avenir de la société passe par l'enseignement supérieur. L'enseignement supérieur, ce n'est pas seulement l'enseignement, c'est la recherche aussi », rappelle un autre manifestant, Ernest Monga.

Improvisation?

Les professeurs croient que le gouvernement improvise. Le sous-financement des universités était une réalité et tout à coup arrivent des compressions inattendues. Un mauvais présage selon eux, à la veille du sommet sur l'enseignement supérieur.

« Ce n'est sûrement pas d'aider à l'accessibilité que de faire des coupures dans les universités et les fonds de recherche. Là, on fait vraiment un pas en arrière », déplore la présidente du Syndicat des professeurs de l'Université de Sherbrooke, Carole Beaulieu.

Selon elle, une profonde réflexion s'impose. « Il faut réfléchir à ce qu'on doit faire pour l'avenir des universités, mais il ne faut certainement pas couper. Là, on envoie un message à l'ensemble de la population, mais aux professeurs en particulier que, finalement, vous êtes capables de mieux faire parce qu'on fait très bien avec encore moins. »

Les syndicats ne croient pas qu'il soit juste d'imputer à une mauvaise gestion la situation financière des universités. « On veut peut-être plus de transparence au niveau de la gestion, mais de là à prétendre qu'il y a trop d'argent dans les universités, il y a une marge que moi, je ne franchirai pas », souligne Mme Beaulieu.

Cette manifestation avait lieu en marge de la troisième rencontre préparatoire, en vue du Sommet sur l'enseignement supérieur, qui s'ouvrait à l'Université de Sherbrooke jeudi soir.

Une autre manifestation est prévue en fin de matinée vendredi sur le campus. C'est la Coalition estrienne opposée à la tarification et à la privatisation des services publics qui organise cette manifestation.