Dans son rapport d'investigation produit à la suite du décès de deux jeunes enfants, le 2 mai 2011, à Saint-Edmond-de-Grantham, le coroner Yvon Garneau recommande que les médias fassent preuve de jugement dans la diffusion d'informations concernant les drames familiaux.
La mère des victimes a livré un témoignage à une équipe de Radio-Canada Estrie.
Annie Lampron ne croit pas que les recommandations du coroner sont de bonnes solutions. Selon elle, il est important d'en parler pour sensibiliser la population.
Le coroner Garneau en vient à la conclusion que la cause la plus probable du décès de Florence Houle, 2 ans, et de son frère Zachary, 8 ans, est l'asphyxie causée par un incendie. Les deux enfants ainsi que leur frère qui a survécu au drame étaient à bord d'un véhicule dont le père a, selon toute vraisemblance, provoqué l'explosion. Il s'est ensuite donné la mort.
Le corps sans vie du père, Martin Houle, 37 ans, a été découvert par des randonneurs dans un boisé, le lendemain matin, près du 1380, rang 10, à Saint-Edmond-de-Grantham.
Les médias invités à la prudence
Dans son rapport, le coroner réclame qu'on intensifie les démarches afin d'éviter d'autres drames familiaux. Me Garneau est d'avis qu'il y a un effet d'entraînement dans ce genre de situation. « Il faut qu'on intensifie les démarches pour trouver des solutions avant qu'un autre drame familial ne survienne. Je suis aussi d'avis qu'il y a souvent l'effet d'entraînement dans ce genre de situation », soutient-il.
Me Garneau suggère aussi que la diffusion d'informations sur les drames familiaux soit restreinte et pertinente tout en respectant le droit du public à l'information.
Selon une experte en psychologie, Suzanne Léveillée, de l'Université du Québec à Trois-Rivières, ces personnes ont de la difficulté à composer avec le stress lié à la rupture amoureuse ou aux enjeux de la garde des enfants. « Elles peuvent se sentir une victime du système judiciaire, en colère et en détresse. Ces personnes présentent une personnalité fragile et, face à certains stress, n'arrivent pas à se contenir et passent à l'acte. De plus, dans cette période de fragilité intense (qui peut durer de quelques jours à quelques mois), il est fort possible qu'elles deviennent influençables par les commentaires des gens autour d'elles, incluant les propos et événements comme les drames familiaux relatés par les médias. »