Le mystère des seringues souillées à Sherbrooke

Dossier des seringues souillées à Sherbrooke : un Sherbrookois fera face à la justice

Le résumé de Marie-Laurence Delainey

Le Service de police de Sherbrooke a confirmé qu'un Sherbrookois de 49 ans avait été arrêté jeudi midi en lien avec le dossier des seringues souillées.

« C'est avec fierté et soulagement que nous sommes heureux d'annoncer cette arrestation », a déclaré le directeur du SPS, Gaétan Labbé.

Le suspect est interrogé par les enquêteurs du SPS et de la Sûreté du Québec. L'homme est présentement détenu au quartier général du SPS.

Il sera accusé vendredi matin au palais de justice de Sherbrooke de voies de fait armées ayant causé des lésions.

Lourd passé criminel

Le suspect a été arrêté dans un autre dossier, il y a 14 jours. Il aurait proféré des menaces de mort à des collègues de travail. C'est en poussant l'enquête plus loin que les policiers ont fait le lien entre lui et un autre dossier similaire de seringues souillées laissées dans des vêtements, à Lévis en 2002.

Un mandat a été obtenu pour effectuer une analyse sanguine et établir le profil ADN de l'individu. On a ainsi pu constater le recoupement de ce profil et de l'ADN trouvé dans les seringues découvertes au mois de janvier.

Le suspect posséderait une longue feuille de route criminelle. Par le passé, il a été condamné à des peines de prison de deux ans et de 23 mois. Il a répondu à des accusations de vols, d'utilisation négligente d'une arme à feu et de menaces de mort, entre autres. Depuis 1981, l'homme a accumulé un total de 28 dossiers criminels.

Le suspect a été soumis à une expertise psychiatrique au cours des dix derniers jours. Le directeur du SPS a refusé de commenter les résultats de cette analyse médicale.

Il a aussi été impossible de savoir si le sang de l'homme était contaminé. « Nous demandons aux personnes blessées de continuer leur médication et nous demandons aux propriétaires de commerces de continuer les vérifications dans les vêtements », a dit Gaétan Labbé.

Selon lui, l'enquête est loin d'être terminée. Des résultats d'analyses provenant du Centre médico-légal parviendront aux enquêteurs sous peu, ce qui pourrait permettre de porter de nouvelles accusations contre le suspect.

Quatre enquêteurs du Service de police de Sherbrooke travaillent sur le dossier.

Au total, 20 dossiers d'enquête ont été ouverts au Service de police de Sherbrooke, 24 seringues ont été trouvées et huit personnes ont été piquées.

Réactions

L'annonce de l'arrestation d'un suspect soulage Denis Martel, un homme qui a trouvé une seringue dans un manteau acheté en mars dernier. Il n'avait toutefois pas été blessé. « Je suis content de voir qu'ils ont arrêté quelqu'un. J'avais hâte qu'il y ait du développement dans cette affaire. Je suis content de voir que les policiers ont fait un bon travail. »

Le directeur du magasin Sports Experts du Carrefour de l'Estrie, Simon Gagnon, s'est dit également soulagé. « C'est vraiment un grand soulagement. Nous continuerons quand même à vérifier les vêtements. Nous poursuivrons jusqu'à tant que nous recevions le OK du Service de police. »

Rappel des faits

Dans la première vague de cas, en janvier, trois personnes s'étaient piquées. Depuis, des seringues ont été découvertes dans des magasins des enseignes Zellers, Hart, Intersport, Sears et Sports Experts.

La dernière seringue souillée a été trouvée au magasin La Baie du Carrefour de l'Estrie le 24 mai dernier. C'est en essayant un pantalon qu'un homme a découvert cette seringue. Il ne s'est pas piqué.


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