Selon le député de Québec solidaire, Amir Khadir, le groupe d'investisseurs Balcorp, qui souhaite relancer la mine d'amiante Jeffrey d'Asbestos, éprouverait des difficultés à obtenir le soutien d'institutions financières, malgré une garantie de prêt consentie par le gouvernement du Québec.
Le député de la circonscription de Mercier craint que le gouvernement n'envisage maintenant un soutien plus direct à la relance.
Amir Khadir
Selon des renseignements transmis au bureau de M. Khadir, Balcorp n'arriverait pas à convaincre les institutions financières de lui accorder le prêt nécessaire à son projet. Balcorp aurait notamment essuyé un refus du Mouvement Desjardins.
« Ces renseignements, de source crédible, expliquent probablement pourquoi l'entente entre Balcorp et le gouvernement n'est toujours pas concrétisée presque deux ans après l'annonce du projet, analyse le député de Québec solidaire. Déjà, le gouvernement a reporté l'échéance accordée au groupe à plusieurs reprises et rien n'aboutit. Clairement, quelque chose cloche avec ce projet. Il ne tient pas la route », a-t-il dit en conférence de presse vendredi matin.
Amir Khadir demande au ministre du Développement économique, Sam Hamad, de retirer la garantie de prêt.
Le projet de Balcorp
Balcorp souhaite relancer la mine d'amiante Jeffrey à Asbestos dans le but d'exporter sa production vers des pays en développement. Le gouvernement du Québec appuie le projet et a promis une garantie de prêt de 58 millions de dollars. Balcorp doit investir 25 millions de dollars pour obtenir la garantie.
Le député estime qu'en appuyant le projet de Balcorp, le gouvernement cautionne l'exportation vers des pays pauvres de l'épidémie de maladies reliées à l'amiante que le Québec a connue dans le passé.
Amir Khadir a aussi demandé à Québec d'investir pour assurer la diversification de l'économie d'Asbestos afin de sortir les travailleurs et la communauté de la dépendance à l'industrie de l'amiante.
Bernard Coulombe réagit
Le président de Mine Jeffrey, Bernard Coulombe, a vivement réagi aux propos de M. Khadir. « Ça m'insulte parce qu'il n'a pas d'affaire de se mêler d'affaires privées, d'une compagnie privée, avec une banque quelconque. Avec la bonne publicité que nous fait la presse avec Amir Khadir, entre autres, il n'est pas étonnant que les banques ne se bousculent pas à nos portes pour prêter de l'argent », a-t-il déclaré.
Chronologie du projet