À la suite de la mise en place du « Plan d'action pour la lecture chez les jeunes » par le ministère de l'Éducation du Québec en 2005, ils sont de plus en plus nombreux à s'adonner à la lecture et les auteurs suivent la vague.
Développer de bonnes habitudes de lecture chez les jeunes, et ce, dès l'âge préscolaire, c'est le but du ministère de l'Éducation lorsqu'il a développé son plan.
Depuis, 15 millions de dollars par année sont consacrés à l'achat de ressources documentaires et littéraires pour les bibliothèques scolaires du Québec. Une initiative qui a carrément fait exploser la demande.
« C'est sûr qu'il y a eu un effet. Les jeunes ont eu beaucoup de nouveaux livres dans leurs bibliothèques à l'école. Donc s'ils ont commencé des séries à l'école, ils veulent les continuer et viennent les acheter avec leurs parents en librairie », explique la gérante du département de livres jeunesse à la Biblairie GGC, Caroline Blanchard.
La librairie a donc dû s'adapter. En quelques années, son département jeunesse a augmenté d'au moins 30 %. « Les jeunes lisent beaucoup plus qu'avant et commencent à lire plus tôt aussi. Beaucoup du côté des filles, mais les garçons s'y sont mis aussi depuis quelques années avec des séries comme Harry Potter et Amos d'Aragon », ajoute-t-elle.
En 2009, parmi les dix livres les plus vendus au Québec, cinq étaient destinés aux jeunes.
Les auteurs sont de plus en plus nombreux à vouloir écrire pour les jeunes. « Ça me permet de m'évader, de sortir un peu du carcan imposé par l'écriture journalistique, particulièrement adulte et qui est souvent une écriture assez sérieuse. Tandis que dans la littérature jeunesse, on peut s'éclater et explorer toutes sortes de monde », soutient le journaliste René Cochaux qui vient de publier le deuxième tome des ses Aventures dans l'Histoire.
« Le monde adolescent en particulier, je trouve que c'est au niveau des émotions. C'est intense, c'est toujours vivant. Pour un rien, on va faire un drame et je trouve que c'est très inspirant et intéressant », souligne l'auteure sherbrookoise Amélie Bibeau qui signe Lili-la-Lune.
En 2010, le Québec comptait environ 1510 écrivains. De ce nombre, Parmis eux, 19 % ont choisi la littérature jeunesse ce qui est 7 % de plus qu'en 2002.
« C'est certain qu'il y a de plus en plus d'auteurs qui réussissent, qui ont de belles carrières alors c'est devenu un créneau. Beaucoup de gens s'essaient, mais il faut faire des choix », explique la présidente et éditrice aux Éditions du Phoenix, Liliane Lord.