Les enseignants critiquent les cibles de réussite scolaire imposées par le ministère de l'Éducation dans les écoles.
Le ministère de l'Éducation oblige les 72 commissions scolaires québécoises à signer des contrats de performance, avec pour objectif de porter à 80 % le taux de diplomation au secondaire d'ici 2020.
Selon la Fédération des syndicats de l'enseignement, ces cibles de réussite entraînent des dérives dans la correction des examens. La fédération affirme que des pressions sont exercées par certaines directions pour que des enseignants soient moins sévères dans leur correction. Elle affirme aussi que des limites sont imposées au personnel enseignant quant au nombre d'échecs permis dans les groupes.
À la défense des cibles de réussite
Michel Bernard, directeur adjoint de la commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke, allègue qu'avec des objectifs de réussite, le gouvernement veut cibler les raisons qui expliquent pourquoi certains élèves ou certaines classes ont de moins bons résultats.
« Je pense qu'il est important d'être capable de prendre une lecture qui soit rigoureuse et objective de la situation », dit-il.
Quant à Serge Striganuk, professeur à l'Université de Sherbrooke et spécialiste dans le domaine, il estime que l'objectif du gouvernement n'est pas de fausser la réalité, mais de permettre aux jeunes de mieux réussir à l'école.
« Pourquoi on regarde si les autres classes à côté, ou dans la même école, ou dans la même commission scolaire, ont des résultats similaires? C'est parce que ça permet de se poser des questions », affirme-t-il.