La mine Jeffrey à Asbestos
Même si les travailleurs ont accepté les termes d'une nouvelle convention collective, Québec veut évaluer la rentabilité du projet avant de décider s'il accordera une garantie de prêt de 58 millions de dollars pour l'exploitation de la mine souterraine.
La relance de la mine Jeffrey à Asbestos demeure incertaine même si les travailleurs ont accepté dimanche les termes d'une nouvelle convention collective de cinq ans, comme l'exigeait le gouvernement du Québec.
L'entreprise doit en effet remplir trois autres conditions pour satisfaire aux exigences de Québec et espérer obtenir la garantie de prêt de 58 millions de dollars qu'elle réclame depuis longtemps pour exploiter sa mine souterraine.
Outre le fait que les employés doivent s'engager à verser 10 % de leur salaire dans un fonds en fiducie, ce qui a été accepté, Mine Jeffrey doit déposer une étude indépendante qui démontre la rentabilité de son projet et s'engager, tout comme ses clients, à utiliser l'amiante de façon sécuritaire.
Même si l'amiante demeure un produit controversé, autant au Québec qu'ailleurs dans le monde, le ministre Laurent Lessard affirme que le gouvernement est conscient de son rôle dans l'économie de certaines municipalités. « On n'est pas indifférent à ce qui se passe là parce que les deux seules régions productrices d'amiante au Québec, c'est Asbestos et Thetford Mines. Il y a encore un marché mondial important et il est en augmentation », dit le ministre responsable du Centre-du-Québec.
Le projet, qui assurerait la survie de la mine pour les 25 prochaines années, créerait 450 emplois à la mine et 1500 emplois indirects.
Le président de Mine Jeffrey, Bernard Coulombe, a bon espoir d'être en mesure de remplir toutes les conditions fixées par le gouvernement. « Ça fait déjà au moins 25 ans qu'on s'assure que nos clients ont les mêmes normes de sécurité que nous. On a même signé un protocole avec le gouvernement du Canada en 1997 sur ce sujet-là. »
M. Coulombe prévient toutefois que la mine cessera définitivement ses activités s'il n'a pas reçu de réponse d'ici le 1er juillet.