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La Tribune, jeune de 100 ans

Mise à jour le mardi 16 février 2010 à 5 h 05

Le journal La Tribune à Sherbrooke

Le premier et seul quotidien français de Sherbrooke aura bientôt 100 ans. Le 21 février 1910, l'avocat et politicien Jacob Nicol fondait le journal La Tribune. Il voulait faire contrepoids aux journaux anglophones distribués à Sherbrooke.

Depuis sa première publication, les moyens de production ont bien changé, mais la mission du journal demeure la même : informer quotidiennement les lecteurs sur les enjeux de la communauté.

« Jacob Nicol innove d'abord parce qu'il crée le premier et le plus grand quotidien français des Cantons de l'Est. Mais, c'est un homme aux sympathies libérales et il se trouve à mettre de l'avant les intérêts des canadiens-français dans une ville, Sherbrooke, qui est majoritairement anglophone, du moins économiquement », explique Jean-Pierre Kesteman, professeur d'histoire à l'Université de Sherbrooke.

Vers la fin des années 30, les éditeurs ont cherché à jouer un plus grand rôle social. « Par exemple en 1938, pendant cinq mois, La Tribune mène une campagne virulente contre les taudis. Les journalistes vont sur le terrain et rapportent des photos. Ils font du sensationnel, mais en même temps, la Ville doit réagir », ajoute M. Kesteman.

Jacob Nicol a vendu La Tribune en 1955.

Selon le professeur en journalisme à l'Université de Sherbrooke Guy Rosa, le journal est aujourd'hui confronté à des défis considérables. « Je pense qu'on va fêter les 200 ans de La Tribune, mais ce ne sera pas sur le support papier. Ça va être sur Internet. »

La doyenne des abonnées à La Tribune est Marie-Antoinette Bernier. Âgée de 100 ans, elle lit chaque jour le journal auquel elle est grandement attachée. « On n'avait pas de télévision et on n'avait pas de radio, donc on se fiait là-dessus. »

En 1910, un abonnement annuel à La Tribune coûtait 1,50 $ et un exemplaire se détaillait un sou.

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