Jean-Marc Millien
Le violent séisme qui a frappé Haïti mardi, en fin de journée, sème l'inquiétude à Sherbrooke et ailleurs en Estrie. De nombreux Estriens, qui sont d'origine haïtienne, s'inquiètent vivement pour leurs proches de qui ils sont sans nouvelles.
De nombreux citoyens d'origine haïtienne qui vivent à Sherbrooke, et ailleurs en Estrie, sont toujours sans nouvelles de leurs proches qui résident en Haïti. Un Drummondvillois, en voyage là-bas, manque également à l'appel.
C'est le cas du propriétaire du restaurant afro-haïtien Le Kilimandjaro, à Sherbrooke, qui a vécu à Port-au-Prince durant quelques années. Depuis mardi, Jean-Marc Millien tente en vain de rejoindre les membres de sa famille. « Le fait qu'on n'arrive pas à entrer en contact avec la famille en Haïti, surtout que j'ai de la famille qui est vraiment à une quinzaine de minutes du palais national et en sachant que le palais national s'est effondré, c'est sûr que c'est inquiétant. En regardant l'ampleur de tout ce qui arrive, on n'a pas le choix de penser aux choses auxquelles on ne veut pas penser », soutient le restaurateur.
M. Millien a réussi à communiquer par messages textes avec deux de ses frères qui demeurent à l'extérieur de Port-au-Prince. Il est toutefois sans nouvelles des membres de sa famille qui demeurent dans la capitale, qui a été la plus touchée par le séisme.
Jean-Marc Millien, qui devait se rendre en France la semaine prochaine, songe d'ailleurs à aller en Haïti pour constater l'ampleur de la dévastation et aider ses proches.
La famille de Denis Bellavance, un enseignant du Cégep de Drummondville qui est en mission éducative en Haïti, est aussi très inquiète. Ni la direction de l'établissement ni la famille de M. Bellavance n'a réussi à communiquer avec lui depuis le séisme. « On n'a pas eu de nouvelles encore. Il y a des contacts qui se font entre sa famille et nous, mais on ne réussit pas à avoir de l'information », explique le directeur des ressources humaines du Cégep de Drummondville, Pierre Tourigny.
Le Dr Henri Labrousse, qui est également sans nouvelles de plusieurs membres de sa famille, se demande pour sa part de quelle façon le pays pourra se relever d'une telle catastrophe. « C'est ça qui m'inquiète un peu, comment on va s'en sortir avec les moyens dont on dispose. Que ce soit les structures de l'État, la sécurité civile, les moyens matériels et financiers, tout ça, ce sont des choses qui m'inquiètent pour la sortie de crise. »
« C'est le temps de se serrer les coudes pour repartir du bon pied, mais il y a beaucoup à faire. [...] La reconstruction sera longue et difficile », souligne son fils, Nicolas Demers-Labrousse.
Des policiers sains et saufs
Par ailleurs, la Sûreté du Québec confirme que les trois policiers originaires de l'Estrie et du Centre-du-Québec qui sont actuellement en Haïti sont en bonne santé. Les trois agents sont rattachés au poste de Sherbrooke, de Coaticook et de Drummondville.
L'aide s'organise
De son côté, l'Archevêché de Sherbrooke invite la population à faire des dons pour venir en aide aux sinistrés. Les personnes qui le désirent peuvent communiquer avec Caritas Estrie au (819) 566-6345 ou avec l'organisme Développement et Paix au 1 888 664-3387. La Coalition humanitaire, dont fait partie Oxfam-Québec, recueille également des dons en ligne.
Aussi, une soirée-bénéfice aura lieu le 21 janvier, à compter de 16 h, à la microbrasserie Boquébière à Sherbrooke.