Gérard Bouchard défend la nouvelle formation

Le sociologue Gérard Bouchard Le sociologue Gérard Bouchard (archives)

Le débat sur le caractère obligatoire du nouveau cours d'éthique et de culture religieuse (ECR) s'est poursuivi, mardi, au palais de justice de Drummondville. Les deux parties ont profité de la deuxième journée d'audience pour faire entendre des témoins experts.

Le coprésident de la Commission Bouchard-Taylor estime que la crise des accommodements raisonnables n'aurait pas eu lieu si le cours d'éthique et de culture religieuse était donné depuis longtemps dans les écoles québécoises.

En après-midi, la Couronne a fait témoigner le sociologue et historien Gérard Bouchard par vidéoconférence depuis l'Université Havard.

Le coprésident de la Commission Bouchard-Taylor sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles juge que le cours lui semble un outil indispensable pour permettre aux jeunes Québécois de faire l'apprentissage de la diversité religieuse croissante de notre société.

Selon M. Bouchard, la crise des accommodements raisonnables n'aurait jamais éclaté si le cours était donné depuis longtemps dans les écoles québécoises. Le sociologue a souligné que reconnaître les différences permet de diminuer l'hostilité envers l'autre.

Un enseignement réducteur

En avant-midi, David Mascré, un docteur en philosophie, a également témoigné par vidéoconférence depuis la France. Le philosophe a grandement étudié le contenu du cours d'éthique et de culture religieuse.

Selon lui, la formation, qui est donnée à tous les enfants du Québec depuis septembre dernier, est très réductrice. À son avis, le cours revient à demander à des enfants d'apprendre à comparer une dizaine de langues, alors qu'ils maîtrisent à peine leur langue maternelle.

M. Mascré estime que les élèves devraient avoir accès à plus d'outils pour se forger une opinion par rapport à leurs propres croyances avant d'apprendre à différencier celles des autres religions.

Pour la présidente de la Coalition pour la liberté en éducation, cet avis vient soutenir les craintes exprimées par de nombreux parents. « On avait tous pressenti ces choses-là auparavant. Donc, c'est très valorisant et c'est très intéressant de voir que même les experts au niveau universitaire viennent dire: "Aujourd'hui, on vous dit que vous avez raison, les parents, de vous inquiéter de ce programme." Il y a de belles choses dans le programme. Il y a des choses aussi qui peuvent [...] avoir des conséquences sur les enfants, sur la génération qui s'en vient et c'est la prudence qui est de mise dans ce temps-là », soutient Marie-Josée Croteau.Des parents présents dans la salle d'audience ont d'ailleurs applaudi à la fin du témoignage de M. Mascré, ce qui est inhabituel au tribunal.

Rappelons qu'une famille de Drummondville conteste le caractère obligatoire du nouveau cours d'éthique et de culture religieuse, autant au primaire qu'au secondaire. Les plaignants croient que la formation devrait être optionnelle pour respecter le droit des parents d'éduquer leurs enfants conformément à leurs convictions religieuses ou philosophiques.