
Un an après le dépôt du rapport du coroner sur l'affaire Terry Lalo, un adolescent heurté mortellement par une auto-patrouille en 2002 à Sept-Îles, la Sûreté du Québec n'a instauré aucune mesure spécifique sur les poursuites policières de piétons par des véhicules de police.
Dans son rapport de janvier 2004, la coroner Catherine Rudel-Tessier recommande la formation d'un comité pour établir une politique d'encadrement de ce type de poursuites.
Le rapport souligne que le policier Richard Turgeon a manqué de jugement durant toute l'opération qui s'est terminée avec la mort du jeune autochtone.
Selon le rapport, la poursuite en auto-patrouille n'aurait jamais dû être entamée, et de telles situations devraient, à l'avenir, être encadrées.
Toutefois, après avoir analysé le dossier, le comité de révision des pratiques policières du ministère de la Sécurité publique a décidé de ne rien modifier. Pourtant, s'il existe des procédures pour les poursuites de véhicules à partir d'une auto-patrouille, il n'existe aucune mesure sur les poursuites de piétons.
Selon un porte-parole du ministère, de tels cas sont trop exceptionnels pour justifier une révision des pratiques. La Sûreté du Québec ajoute qu'en raison du caractère inhabituel de tels événements, il n'est pas nécessaire de former plus de 5000 policiers sur le sujet.
Les policiers doivent utiliser leur jugement et leur discernement.
L'École nationale de police n'offre pas non plus de cours sur les poursuites de piétons à partir d'un véhicule. L'école juge que ce n'est pas une pratique recommandée, à cause des risques.
Par contre, à compter d'avril, divers corps de police, dont la Sûreté du Québec, suivront une formation sur les poursuites d'un piéton par un policier à pied à la suite d'une recommandation de la CSST, après la mort d'un policier de Montréal en 2002.
La cause du policier Richard Turgeon est toujours devant le Comité de déontologie policière, qui terminera ses audiences au début mai.
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