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 | Arsenic, béryllium et cadmium dans l'air de Murdochville |  |  |  |  | Mise à jour le lundi 8 novembre 2004, 17 h 16 . |  |

 | Mines Murdochville
| Les citoyens de Murdochville, qui ont respiré les émanations de la fonderie de Noranda à Murdochville pendant des années, ont été soumis à de multiples substances cancérigènes, dont l'arsenic, et ce, à des taux exceptionnellement élevés.
Selon des données du programme de surveillance de la qualité de l'air du ministère de l'Environnement, le taux moyen d'arsenic dans l'air entre 1992 et 2001 dépassait de 345 fois les normes admises. Le journal Le Soleil, rapporte qu'en 1994, la station d'échantillonnage a même observé une pointe dépassant de 7500 fois le taux admis.
Les taux de béryllium et de cadmium dans l'air de Murdochville dépassaient aussi largement les normes autorisées. Les substances pouvaient demeurer en suspension dans l'air pendant une quinzaine de jours avant de se déposer sur le sol et les édifices.
 | Fonderie de Murdochville (archives)
| Réactions Le député de Gaspé, Guy Lelièvre croit que la population a le droit de connaître la vérité : « Si tout le monde était au regard sauf la population, moi je n'en ai jamais entendu parler, on a gardé cela secret, je pense qu'il est primordial de faire la lumière là-dessus dans un proche avenir. »
Le président du Comité des citoyens de Murdochville, Gérald Young, reproche aux autorités concernées d'avoir caché les risques encourus par la population.
Des ex-travailleurs de Mines Gaspé estiment que la Direction de la santé publique de la Gaspésie et le gouvernement du Québec ont agi de façon irresponsable en ne tenant pas compte des données du ministère de l'Environnement.
Selon Ghislain Marin, porte-parole du groupe d'ex-travailleurs atteints de bérylliose, plusieurs citoyens sont aujourd'hui atteints de cancer, et une étude s'impose. Les anciens travailleurs atteints de Bérylliose poursuivent au civil la compagnie Noranda, le CLSC de Murdochville, et le Syndicat des Métallos.
 | Jean-Marie Chrétien, directeur général de la municipalité de Murdochville
| La Ville rassure Lundi, la Ville lançait un appel au calme et réitèrait sa confiance en la direction de la santé publique. « Je ne suis pas une experte en environnement, alors je ne peux pas porter de jugement vraiment crédible parce que je ne suis pas une spécialiste alors je me fie sur le ministère de l'Environnement qui va donner le compte-rendu définitif à un moment donné », indiquait la mairesse Délisca Roussy.
Quant au directeur général, Jean-Marie Chrétien, il assurait que Noranda décontaminera les sols.
Mais ce n'est pas l'avis de tous les citoyens.
 | Travaux de décontamination à Murdochville (archives)
| Une étude sur la santé des citoyens Les citoyens savaient que la cheminée de la fonderie de cuivre de Noranda rejetait des particules toxiques, mais c'est la première fois qu'un média réussit à mettre la main sur les données du programme de surveillance du ministère de l'Environnement.
Des anciens travailleurs et des résidents de Murdochville réclament maintenant une évaluation de l'état de santé des citoyens de l'ancienne ville minière et l'accélération des travaux de décontamination des sols.
Selon une étude de la firme Riscan, commandée par un groupe de citoyens, la présence de plomb et d'arsenic dans les sols entraînerait, dans le pire des cas, un risque de cancer 43 fois plus élevé que le seuil fixé par le ministère de la Santé. « Va falloir que le ministère de la Santé et le ministère de l'Environnement mettent leurs culottes, qu'ils arrêtent d'habiller ce qui s'est passé ici à Murdochville. Maintenant, c'est connu, c'était dangereux pour la santé, il faut décontaminer », lance un citoyen.
Les autorités de la Santé publique de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine devraient émettre des commentaires incessamment.
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