
L'OMC, qui a plusieurs fois jugé une loi antidumping américaine, l'amendement Byrd, contraire aux règles du commerce international, vient d'autoriser les sanctions contre les Américains. Cette décision pourrait profiter à l'industrie canadienne du bois d'oeuvre, qui respire d'autant mieux, que le prix du bois atteint ces jours-ci des sommets rarement vus depuis les dernières années.
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OMC - Genève
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L'amendement Byrd permet à l'administration américaine de verser l'argent des mesures antidumping prises à l'encontre de sociétés étrangères aux entreprises américaines touchées par le dumping. Pour le Canada et les autres pays qui contestaient l'amendement, cette mesure équivaut à distribuer illégalement de l'aide financière à des producteurs américains.
La décision de l'OMC permet aux pays plaignants, dont le Canada, d'augmenter leurs taxes à l'importation sur les produits américains pour un montant équivalent à 72 % des sommes collectées par les Américains aux entreprises étrangères.
L'industrie canadienne du bois d'oeuvre a versé en fiducie 2,5 milliards de dollars américains depuis deux ans. En théorie, l'amendement Byrd permettrait donc aux États-Unis de distribuer cette somme à son industrie.
Toutefois, Michel Vincent, du Conseil de l'industrie forestière du Québec, croit qu'avec la décision de l'OMC, les Américains hésiteront à utiliser cet argent. « Ça pourrait faire en sorte que le Canada décide d'imposer à son tour des sanctions sur des importations en provenance des États-Unis à la hauteur de 2,5 milliards », estime M. Vincent.
Cette décision ne règle pas le conflit du bois d'oeuvre, mais Michel Vincent estime que l'industrie canadienne est moins vulnérable qu'elle ne l'était.
L'ouragan Charley est aussi venu favoriser une hausse des prix alors que le marché se portait déjà très bien. « Les prix ont continué à grimper légèrement. Par contre avec le temps, on s'est rendu compte que ce sont surtout des maisons mobiles qui ont été détruites en Floride et les maisons mobiles ne sont pas de grandes consommatrices de bois d'oeuvre, mais plutôt de panneaux », nuance M. Vincent.
Ce marché favorable aidera sans doute les scieries canadiennes à attendre les résultats des contestations juridiques d'ici le printemps prochain.
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