Une fédération pour les pêcheurs côtiers

Coalition de pêcheurs

Les pêcheurs de cinq provinces de l'est du pays veulent former une fédération de pêcheurs indépendants.

Réunis à Halifax, des centaines de pêcheurs des Maritimes et du Québec ont discuté cette semaine de la volonté d'Ottawa de permettre à de grandes entreprises d'acquérir des permis de pêche et des quotas.

En se réunissant sous l'égide de la « Fédération des pêcheurs indépendants de l'est du Canada », les pêcheurs espèrent convaincre Ottawa de renoncer à son projet.

Le vice-président de l'Alliance des pêcheurs professionnels du Québec, O'Neil Cloutier, rappelle que c'est la seconde fois que le gouvernement fédéral tente de transférer la propriété des flottilles de pêche aux industriels. « Il l'a fait en 1997, il le fait encore 15 ans plus tard, alors on s'est dit "c'est le temps de tenir une réunion" », commente M. Cloutier.

Le directeur général de l'Union des pêcheurs des Maritimes, Christian Brun, fait valoir que cette lutte est importante pour l'économie des communautés côtières. « Il y a des économistes, explique M. Brun, qui pensent qu'on devrait rendre efficace tout ce qu'on fait et que la seule façon de le faire, c'est en ramenant tout ça dans les milieux urbains. Nous, on va faire tous les efforts possibles pour maintenir ces richesses-là dans les centres côtiers. »

Pour éviter la mainmise de plus gros joueurs, les pêcheurs tenteront de démontrer à Ottawa que leurs petites entreprises indépendantes peuvent être rentables. Christian Brun souligne que le travail est double, soit de rationaliser les entreprises de pêches et de développer la relève.

Les pêcheurs proposent notamment l'instauration d'un fonds d'investissement fédéral à la relève pour permettre aux plus jeunes de racheter les permis et du même coup, de demeurer dans leur communauté.

L'arrivée des grandes entreprises a presque fait disparaître les pêcheurs indépendants de la côte ouest-canadienne. Dans l'est du pays, les 10 000 pêcheurs de homard, de crabe, de crevette et de poissons de fond, que leurs représentants souhaitent fédérer, génèrent 750 millions de dollars en salaires et en retombées économiques.