Pétrolia : Forages controversés à Gaspé

Québec rencontrera Pétrolia et la Ville de Gaspé

Le compte rendu de Bruno Lelièvre

Trois ministres du gouvernement québécois se sont penchés mardi sur la question des forages de Pétrolia au puits Haldimand no 4 à Gaspé.

Le ministre du Développement durable, de l'Environnement, Yves-François Blanchet, la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, et le ministre délégué aux Régions et ministre responsable de la région de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Gaétan Lelièvre, estiment qu'il reste des points à éclaircir dans le dossier Haldimand.

Les trois ministres rappellent que Québec s'est engagé à exploiter les ressources pétrolières et gazières dans une perspective de développement durable. Québec souligne aussi qu'il n'a jamais été question de fractionnement hydraulique dans ce projet.

Les ministres Blanchet et Lelièvre rencontreront les élus de Gaspé dès cette semaine afin de comprendre leur position et d'offrir le soutien demandé. La ministre des Ressources naturelles rencontrera pour sa part les représentants de Pétrolia cette semaine. Le gouvernement souhaite faire part de ses préoccupations et discuter des impacts sociaux du projet de forage.

Pétrolia, qui devait entreprendre ses travaux de forage du puits Haldimand mardi, a indiqué qu'elle attendrait de connaître la position du gouvernement avant d'aller de l'avant.

Les responsables de l'entreprise se sont réunis mardi pour discuter des impacts juridiques de la réglementation sur l'eau potable adoptée en décembre par la Ville de Gaspé.

Appuis à Pétrolia

Et signe que l'exploration pétrolière à Gaspé est devenue un enjeu provincial, plusieurs intervenants politiques ont pris position dans ce dossier au cours des dernières heures, mardi. Lundi, la Fédération des chambres de commerce du Québec faisait connaître son appui à Pétrolia.

Pour la présidente de la Fédération, Françoise Bertrand, l'expertise sur le développement pétrolier appartient au gouvernement du Québec et au ministère des Ressources naturelles. « Ils ont admis, souligne Mme Bertrand, après leurs analyses et leurs études qu'on peut aller dans cette première phase qui était celle de l'exploration. Donc, ça prouve bien que les municipalités n'ont pas l'expertise, la profondeur de faire ces analyses. »

Mardi, c'était au tour du Conseil du patronal de demander à Québec d'intervenir pour permettre de lancer son programme de forage. À ses yeux, le règlement municipal de la ville de Gaspé est une décision prise à la pièce qui nuira au développement des ressources naturelles au Québec.

Le conseil va jusqu'à dire que les travaux d'exploration n'auront aucun impact, à long terme, sur l'environnement.

Le candidat à la direction du Parti libéral du Québec, Raymond Bachand, est aussi intervenu en demandant, mardi, à la première ministre du Québec de clarifier la situation.

Raymond Bachand rappelle que Pauline Marois s'était déclarée pour l'exploitation pétrolière en Gaspésie lors de la dernière campagne électorale. Raymond Bachand ajoute que le gouvernement doit prendre les mesures pour éviter que des barrières soient érigées à tout moment lorsque les entreprises sont conformes aux réglementations en vigueur.

Pour ou contre le pétrole

Appuis à la Ville de Gaspé

L'Union des municipalités du Québec et la Fédération québécoise des municipalités pensent tout à fait le contraire. Les deux organisations font valoir que les compétences municipales de Gaspé doivent être respectées.

Le président de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), Éric Forest se dit en soutien de la démarche du maire de Gaspé, François Roussy. L'UMQ estime qu'une nouvelle loi sur l'exploitation des ressources naturelles devra inclure les responsabilités municipales.

L'UMQ se dit favorable à l'exploitation des ressources naturelles, mais estime que cela doit se faire dans un contexte de développement durable et de prises en charge des différents usages du territoire.

L'avenir de l'exploitation des ressources naturelles passe par le respect des citoyens qui habitent les territoires concernés, souligne l'UMQ.