Bas-Saint-Laurent : la taxe rétroactive sur l'alcool choque les restaurateurs

Restaurateurs mécontents

L'Association des restaurateurs du Québec maintient la pression sur le gouvernement Marois. Même si Québec a allongé d'un an le délai de versement de la taxe rétroactive sur l'alcool, la grogne persiste au Québec, y compris dans le Bas-Saint-Laurent.

« Je n'avais jamais vu ça. Qu'on augmente, bon, les taxes sur les boissons alcoolisées, je peux comprendre, mais ce qu'on questionne, c'est vraiment la rétroactivité. Je ne comprends pas sur quoi on gratte! » — Colombe Saint-Pierre, Chez St-Pierre

Dans la nuit du 20 au 21 novembre, le gouvernement a demandé aux restaurateurs de faire l'inventaire des bouteilles en leur possession. Des bouteilles qu'ils pouvaient avoir achetées des années plus tôt et pour lesquelles une taxe spécifique avait déjà été versée. Les restaurateurs avaient un mois pour payer la taxe de 50 % par bouteille.

Ce délai a toutefois été allongé d'un an la semaine dernière par le gouvernement. C'est insuffisant, selon le vice-président de l'Association des restaurateurs du Québec, François Meunier. « Il y a énormément de frustration rattachée à cette décision-là. Par contre, il est clair pour nous qu'on ne peut se satisfaire complètement de l'annonce du ministre parce que finalement on ne règle en rien le problème », explique-t-il. Il affirme que la réaction des restaurateurs est légitime : « d'autant plus qu'ils ont fait leur part dans les dernières années en collaborant à différentes mesures gouvernementales qui ont parfois eu des impacts considérables dans leur industrie ».

Lourdes conséquences pour les restaurants saisonniers

Les répercussions ne sont pas les mêmes partout. Plusieurs restaurants saisonniers, comme le Mange-Grenouille ou Chez St-Pierre, ont été pris par surprise par l'annonce; ils n'ont pas pu prévoir la somme dans leur budget.

Le restaurant de Colombe St-Pierre était fermé en novembre. Les prochaines rentrées d'argent ne se feront pas avant le printemps prochain. « Je peux vous dire que c'est très serré. Chaque fois qu'on rouvre, c'est presque un miracle. Et donc c'est sûr et certain que ça peut être dangereux des annonces comme celle-là », a fait valoir la propriétaire.Il faut souligner que cette taxe ne touche pas seulement les restaurants, mais aussi tous les détaillants d'alcool (épiceries, dépanneurs, bars, etc.). Une taxe rétroactive s'applique aussi aux cigarettes.

D'après le reportage d'Isabelle Girard