Gaspésie : des algues et des agneaux

Baie-des-Chaleurs : agneaux nourris aux algues

Les Bergeries du Margot, une entreprise de Bonaventure dans la Baie-des-Chaleurs, produisent depuis six ans des agneaux nourris aux algues.

L'entreprise, unique au Québec, commercialise aussi des agneaux nourris aux algues d'un producteur de l'Ascension-de-Patapédia, soumis aux mêmes normes.

Cet agneau de spécialité est principalement vendu dans cinq boucheries de Montréal. Avant d'arriver à Montréal, les carcasses sont vieillies une semaine en chambre froide à l'abattoir de Luceville afin d'attendrir la viande. Elles sont aussi estampillées d'une marque en forme d'algue qui prouve bien que la viande vient de la Bergerie du Margot en Gaspésie.

Le Maître-Boucher à Montréal est un des plus importants clients des Bergeries du Margot. Le Maître-Boucher à Montréal est un des plus importants clients des Bergeries du Margot.

Le client le plus important de la Bergerie est Le Maître Boucher, une épicerie fine située dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce à Montréal. En affaires depuis 40 ans, le propriétaire de la boucherie, Herman Lévesque, achète une douzaine d'agneaux par semaine, parfois davantage.

« C'est un produit qui est très bien équilibré, pas trop maigre, pas trop gras, un beau petit persillé et une tendreté. C'est un très beau produit », commente M. Lévesque qui apprécie aussi le lien étroit avec le producteur.

Pour lui, la traçabilité du produit est un gage de qualité. « On le dit à nos clients pourquoi on l'offre et on a une fiche descriptive de ce que notre agneau mange », explique le propriétaire du Maître Boucher.

Une production à la fine pointe

Le troupeau de 600 brebis produit 1200 agneaux annuellement. Ce produit spécialisé est plus beaucoup plus rentable que l'agneau conventionnel.

Brebis et agneaux Brebis et agneaux

Le nourrissage des bêtes avec des plantes aquatiques ne date pas d'hier. En Gaspésie par exemple, il y a 250 ans, les Acadiens nourrissaient leurs bêtes avec le fourrage de bord de mer.

De nos jours, les algues séchées utilisées par Les Bergeries du Margot proviennent de la Nouvelle-Écosse.

L'an prochain, les propriétaires visent une production de 1500 agneaux nourris aux algues.

Un tel rendement s'obtient en simulant des jours plus courts dans un bâtiment en réduisant l'éclairage ce qui déclenche le cycle de reproduction de la brebis.

La performance de l'élevage repose aussi sur la gestion efficace du troupeau. Les animaux sont tous munis d'une puce électronique, une bague à l'oreille, qui recueille toutes les données nécessaires. Ces données sont automatiquement transférées et compilées sur un serveur.

Manon Lelièvre des <i>Bergeries du Margot</i>. Manon Lelièvre des Bergeries du Margot

La copropriétaire des Bergeries du Margot, Manon Lelièvre, explique qu'il est alors facile de savoir si une brebis est productive ou pas seulement en la balayant avec l'appareil. « Je scanne [sic] ses agneaux et en plus, on reprend les poids à 50 jours pour savoir si le taux laitier de la mère est bon », précise la productrice.

La technique permet aussi de sélectionner les meilleurs sujets pour améliorer la génétique du troupeau. « Ça permet de vérifier la prolificité du troupeau, la santé du troupeau aussi, combien de remplacement on va faire dans le troupeau », poursuit Manon Lelièvre.

Le poids moyen des agneaux des Bergeries du Margot est de 50 kilos.

Au total, 160 jours sont nécessaires pour produire un agneau lourd, sans hormone de croissance ni antibiotique, selon des règles très strictes, explique le copropriétaire, Sylvain Arbour. « On travaille beaucoup sur le bien-être animal, ce qui nous amène à avoir un agneau de qualité. Un agneau heureux, c'est un agneau tendre », relève le producteur.

La bergerie dispose de méthodes de productions encadrées par une charte qui inclut les suivis avec les partenaires comme l'abattoir de Sainte-Luce ou le transporteur. « C'est tout ça qui fait que l'agneau est différent », fait valoir M. Arbour.

Le Québec compte 250 producteurs d'agneaux dits conventionnels. Ces producteurs, qui doivent concurrencer l'agneau importé de pays comme la Nouvelle-Zélande, comblent seulement la moitié des besoins du marché québécois.

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