Quelque 330 employés de l'usine Bombardier Transport de La Pocatière, dans le Bas-Saint-Laurent, sont en grève générale illimitée depuis 7 h jeudi.
Les rencontres avec la direction au cours des derniers jours n'ont pas donné les résultats escomptés. Des discussions ont encore eu lieu, sans résultats, mercredi après-midi, en présence d'un conciliateur. Le syndicat admet qu'il ne s'attendait guère à une telle rebuffade au cours de cette rencontre.
Le syndicat, affilié à la CSN, dénonce l'intransigeance de l'employeur sur la question de la sous-traitance, notamment aux États-Unis, en Ontario et au Mexique, qui est au coeur des pourparlers.
Le président du syndicat, Mario Lévesque, soutient que l'employeur demeure fermé à toute discussion sur le sujet. « Concernant la sous-traitance, c'est qu'ils nous offrent des emplois qu'on a déjà obtenus. C'est un peu insultant. L'employeur veut juste renégocier l'entente qu'on a signée », commente le président du syndicat.
Les syndiqués font de plus valoir que les nouveaux contrats de l'usine n'ont pas généré les emplois escomptés. Ils sont aussi insatisfaits des propositions de l'employeur sur le régime de retraite.
Les travailleurs ajoutent que Bombardier n'a pas non plus répondu à plusieurs de leurs demandes, notamment celles ayant trait à plusieurs clauses à incidence monétaire, dont les salaires.
La convention collective des employés de l'usine Bombardier de La Pocatière est échue depuis un an.
Photo : Claude Beaudin
Les syndiqués estiment n'avoir plus d'espoir d'en arriver à une entente.
Les syndiqués soutiennent que depuis la fin de leur dernier contrat de travail, les négociations ont constamment traîné en longueur, ce qui a provoqué la colère des travailleurs. La convention collective des travailleurs de l'usine de Bombardier Transport est échue depuis l'automne 2011.
Le syndicat reste ouvert à poursuivre les discussions. Des rencontres étaient prévues pour jeudi et la fin de semaine.
La fin de semaine dernière, les travailleurs de Bombardier avaient voté à plus de 95 % pour le déclenchement de la grève en temps opportun.
Aux 330 syndiqués en grève s'ajoutent environ 170 autres travailleurs qui sont sur la liste de rappel de l'usine. Une manifestation a été organisée jeudi en face des installations de Bombardier à La Pocatière, où sont assemblées les nouvelles voitures de métro de Montréal.
Réactions de l'employeur
Le directeur des communications chez Bombardier, Marc Laforge, ne comprend pas le recours à la grève, puisqu'il restait encore huit jours de négociation au calendrier. « Nous étions en train de faire des avancées sur la question de la sous-traitance, du régime de retraite. Ils ne savent donc pas ce qu'il y a sur la table et ils sont en grève », souligne le porte-parole de l'entreprise.
L'employeur se défend de vouloir fermer à long terme l'usine de La Pocatière. « Bombardier n'a aucunement l'intention d'envoyer le coeur de sa production en sous-traitance », soutient M. Laforge.