Le parc Murray, à Pointe Lebel, fait face à l'un des pires cas de contamination de l'eau potable des dernières années au Québec.
En plus de la présence de la bactérie E.coli, des analyses réalisées dans le réseau d'eau potable de ce parc de maisons mobiles ont révélé des composés chimiques cancérigènes, notamment d'acides haloacétiques (AHA), 16 fois plus élevées que la norme canadienne.
Le parc Murray à Pointe-Lebel
D'importantes concentrations de trihalométhanes (THM) ont aussi été détectées, elles sont neuf fois plus élevées que le seuil tolérable pour la consommation humaine.
La Direction de la santé publique de la Côte-Nord demande aux 51 familles du parc Murray, situé près de Baie-Comeau, de ne plus consommer l'eau du réseau d'alimentation et de ne plus l'utiliser pour l'alimentation et l'hygiène corporelle, jusqu'à avis contraire.
Le directeur de la santé publique de la Côte-Nord, Raynald Cloutier, souligne que ces substances dans l'eau peuvent représenter une menace à la santé lorsque les concentrations sont élevées ou que l'exposition est prolongée. « L'effet à long terme, on est peut-être rendu à 10-15 ans d'exposition. On doit prendre en charge le problème immédiatement, parce qu'on a dépassé le temps qu'on pouvait se permettre d'attendre et d'analyser », précise-t-il.
Un cauchemar pour les résidents
Le réseau d'aqueduc privé du parc Murray est sous haute surveillance depuis trois ans. La présence d'acides haloacétiques dans l'eau est l'une des conséquences de la chloration de l'eau.
Le directeur de la santé publique de la Côte-Nord, Raynald Cloutier
« On a un taux de chloration qui nous met toujours à risque d'avoir une eau qui soit à la limite pour les contrôles microbiologiques », indique le directeur de la santé publique, Raynald Cloutier.
L'inquiétude s'est emparée des résidents du parc de maisons mobiles. « On n'est plus capables de vivre là-dedans, c'est impensable », lance Nancy Brillant.
Les résidents ne veulent plus entendre parler de solutions temporaires. Selon eux, il est hors de question d'installer une station mobile de filtration ou donner un accès illimité à des douches et des buanderies publiques à Pointe-Lebel
Nancy Brillant songe à sa propre solution : « Il y a déjà 23 puits illégaux. Pourquoi pas moi? Un de plus, un de moins. Au moins, on peut faire notre lavage », lance-t-elle.
Le parc sera municipalisé le 1er janvier ce qui permettra son raccordement au réseau d'aqueduc de Baie-Comeau après 2014.