Mort de Marjorie Raymond : pas seulement un problème d'intimidation

Le rapport du coroner Jean-François Dorval indique qu'une multitude de facteurs autres que l'intimidation ont pu contribuer à la mort de Marjorie Raymond.

La jeune Marjorie Raymond s'est enlevé la vie en novembre dernier. La jeune Marjorie Raymond s'est enlevé la vie en novembre dernier.

La mort de la jeune fille avait secoué le Québec entier en décembre dernier à la suite du témoignage de sa mère, selon laquelle les problèmes d'intimidation et de violence à l'école avaient poussé sa fille au suicide.

Le coroner rappelle que le suicide n'est jamais causé par un seul facteur ou événement.

Le rapport relève par contre que plusieurs incidents violents avec d'autres élèves ont fait l'objet de plaintes ou de démarches de Marjorie Raymond auprès de la Sûreté du Québec.

« Il y a eu plusieurs altercations au cours des dernières années entre Marjorie Raymond et d'autres étudiantes, mais ce point en est un parmi d'autres facteurs présents dans la vie de Marjorie Raymond. » Jean-François Dorval, coroner.

Multiples facteurs

Tout au long de son rapport, le coroner revient d'ailleurs sur les difficultés que vivait l'adolescente de 15 ans. Cette dernière habitait depuis trois ans à Sainte-Anne-des-Monts où elle fréquentait l'école polyvalente Gabriel-Le Courtois.

L'éléve de troisième secondaire vivait plusieurs problèmes d'intégration à la vie scolaire. Absences répétées, difficultés avec l'autorité et rendement scolaire à la baisse, notamment au cours des dernières semaines, sont mentionnés dans le rapport. Au cours des mois qui ont précédé son décès, la jeune fille a aussi connu une importante rupture amoureuse.

Le coroner relate plusieurs événements démontrant que l'adolescente avait déjà tenté de mettre fin à ses jours. En novembre 2008, elle faisait ainsi part de ses problèmes familiaux et d'idées suicidaires au psychologue de l'école. La Direction de la protection de la jeunesse avait alors mis en place un plan d'intervention, en collaboration avec la mère.

Une aide refusée

La directrice de l'école a rencontré l'élève quelques jours avant sa mort pour lui offrir un soutien psychologique, ce que la jeune fille a refusé. Marjorie Raymond voyait régulièrement l'intervenant social de l'école, jusqu'à une centaine de fois par année, mais elle soutenait que, jamais, elle ne se suiciderait.

Une cérémonie à la mémoire de la jeune victime d'intimidation Marjorie Raymond s'est tenue à l'École secondaire Gabriel-Le Courtois. Une cérémonie à la mémoire de la jeune Marjorie Raymond s'est tenue à l'École secondaire Gabriel-Le Courtois une semaine après le drame.

La journée du 28 novembre, sa mère l'a réveillée avant de partir au travail, mais Marjorie Raymond ne s'est pas rendue à l'école comme prévu. Elle a été retrouvée morte dans la remise, derrière la maison.

Le coroner note que Marjorie Raymond a, à plusieurs reprises, refusé l'aide qu'on lui offrait et que personne autour d'elle n'a décelé de risque suicidaire nécessitant une aide urgente et immédiate.

Le rapport du coroner Jean-François Dorval ne contient aucune recommandation spécifique reliée à la mort de la jeune fille. Le coroner n'accordera aucune entrevue en lien avec le dépôt de son rapport.

Est du Québec en direct