Le 5 avril dernier, au centre de santé et de services sociaux de la Haute-Gaspésie, aucun pharmacien n'était sur place pour répondre aux besoins des patients.
La seule pharmacienne en poste était absente et l'autre poste est vacant depuis le mois de mars.
Entre 8 h et 16 h, un pharmacien externe a dispensé le service par téléphone. Il a pu se présenter à l'établissement en fin d'après-midi, confirme la porte parole du centre de santé, Marjorie Pigeon.
Et le téléphone, dit-elle, n'est pas idéal lorsqu'on sait qu'un pharmacien doit tenir compte d'une foule de facteurs pour répondre à une ordonnance médicale.
Une solution en vue
Du côté de l'Agence de la Santé et des services sociaux de la Gaspésie et des Iles, la direction songe au développement de la télé-pharmacie comme ca se fait dans le Nord du Québec et en Abitibi.
Le directeur général de l'agence, Gilles Pelletier, croit que c'est une solution acceptable. Il soutient que des établissements peuvent collaborer pour assurer un service de garde là où les besoins sont criants en l'absence de pharmacien.
Du dépannage
En attendant, le centre de santé fait appel à des pharmaciens dépanneurs. Les efforts de recrutement se poursuivent dans l'espoir de combler le poste vacant.
Toutefois, comme dans la plupart des régions éloignées, le recrutement est difficile en raison de la pénurie de pharmaciens qui perdure à la grandeur du Québec.
La politique s'en mêle
Cette question de pénurie a rebondi à l'assemblée nationale. Le député de Matane, Pascal Bérubé, a demandé au ministre de la Santé, Yves Bolduc, de s'assurer qu'il n'y ait plus de rupture de service à la pharmacie de l'hôpital des Monts.
Le ministre a rappelé au député que la pénurie de pharmaciens est bien réelle au Québec. Yves Bolduc a endossé la position de l'agence de la santé à l'effet d'utiliser le téléphone, entre établissements, en cas d'extrème urgence.