Le vote de grève au Cégep de Rimouski
Photo : Photo Luc Tremblay
Le débat a été houleux, quelques fois confus. Les étudiants du cégep de Rimouski ont finalement accepté dans une proportion de 54 % l'entente de principe conclue entre le gouvernement et les associations étudiantes.
Les discussions se sont poursuivies pendant une heure et demie. Les positions étaient tranchées et les quelque 620 étudiants présents étaient visiblement divisés en deux clans.
Quelques recommandations
Si les étudiants ont accepté l'entente, ils ont tout de même accompagné cet appui, de quelques demandes. Ils ont ainsi réclamé de la ministre Line Beauchamps une composition plus équilibrée du comité multipartite sur la gestion des universités. Ils souhaitent une représentation plus forte des associations étudiantes.
Ils demandent aussi davantage de transparence dans l'ensemble de la démarche de la part du gouvernement.
Même s'ils n'étaient plus en grève depuis quelques semaines, les étudiants rimouskois ont été pendant longtemps le fer de lance de la résistance dans l'est du Québec. Avec leurs confrères de l'UQAR, toujours en grève, ils ont multiplié les actions jusqu'au 3 avril. Une majorité d'entre eux, 57 % , avait alors décidé de retourner dans les salles de cours.
Certains craignent maintenant que Québec utilise le vote rimouskois à ses propres fins. « Rimouski est mentionnée comme étant le pilier de l'Est, le lien le plus important en ce qui a trait aux associations étudiantes, et là, le gouvernement pourra quasiment dire avec fierté que Rimouski a accepté le plan parce que c'est une bonne solution », a fait remarquer un étudiant visiblement déçu du résultat.
D'autres ont carrément avoué être confus devant les propositions soumises. « Je trouve que c'est pas mal le chaos. Je ne suis pas trop sûr d'avoir vraiment tout compris ce qui s'est passé. J'ai voté pour ce que j'ai compris, je me suis abstenu pour ce que je n'ai pas compris », a précisé l'un des participants.
Avec celle de Gaspé, il s'agit d'une des rares associations étudiantes à avoir accepté l'entente jusqu'à présent.
Baie-Comeau rejette
Les étudiants du Cégep de Baie-Comeau ont quant à eux rejeté à 92 % l'entente de principe conclue avec le gouvernement du Québec sur la question des droits de scolarité.
Ils étaient seulement une quarantaine à participer au vote lors de l'assemblée générale en fin de journée mardi.
Les étudiants veulent continuer à appliquer des moyens de pression. Aucune grève n'est cependant prévue, une option qu'ils ont rejetée au cours de l'hiver.
D'autres votes à venir
À l'Université du Québec à Rimouski (UQAR), le vote aura lieu jeudi à 9h30. Une séance d'information a eu lieu mardi soir. L'exécutif de l'association rencontre mercredi les représentants des différents modules et doit décider si une recommandation sera soumise à l'assemblée. Les étudiants de l'UQAR sont en grève générale illimitée depuis le 22 février.
Les étudiants du Cégep de Matane vont se prononcer mercredi à 15h30 sur la proposition du gouvernement Charest pour dénouer l'impasse dans la crise sur la hausse des droits de scolarité.
Au cégep de Rivière-du-Loup, le vote sur l'entente aura lieu jeudi midi. Les étudiants ont été en grève seulement pendant une semaine seulement et ils sont retournés en classe le 26 mars. Quel que soit le résultat du vote, le recours à la grève est exclu puisque la période d'examen est sur le point de commencer.
Un texte de Richard Lavoie d'après un reportage de Claude Ross