Alors que le dernier budget fédéral vient améliorer les conditions de certains chômeurs, il pénalisera ceux de la Gaspésie. Les cinq semaines de prestations supplémentaires pour les travailleurs saisonniers sont abolies.
Dans la communauté de Sainte-Thérèse-de-Gaspé qui vit principalement de l'industrie de la pêche, la majorité des travailleurs sont saisonniers. Les cinq semaines de prestations supplémentaires permettaient d'éviter l'absence de revenu entre le dernier chèque d'assurance emploi et le retour au travail.
La région enregistre déjà le plus haut taux de chômage au Québec. En mars, celui-ci atteignait 14 %.
Pour le maire, Léo Lelièvre, l'abolition des prestations supplémentaires est un autre dur coup pour l'économie gaspésienne : « Pour avoir l'assurance-emploi c'est 14 semaines puis là, on parle de 16 semaines. Ça n'a pas d'allure. Les conservateurs, en région, ils ne nous connaissent pas. »
La Coalition action-chômage souligne que la majorité des chômeurs gaspésiens seront pénalisés par le nouveau calcul imposé par les conservateurs.
Le porte-parole de la Coalition, Gaétan Cousineau, pense aux aides-pêcheurs et aux travailleurs d'usine de poissons qui travaillent pendant une courte période et qui gagnent un peu plus de 10 $ l'heure : « Lorsqu'ils ont une petite prestation, moins de 300 dollars, ils vont perdre un peu par rapport à l'ancienne méthode de calcul. »
Améliorations
M. Cousineau reconnaît tout de même que ce budget apporte certaines améliorations. Cependant, il rehaussera seulement le revenu d'une catégorie de prestataires.
Auparavant, le montant des prestations était déterminé en fonction des 14 meilleures semaines de travail au cours des 26 dernières semaines. Dorénavant, ce calcul sera basé sur les 52 dernières semaines. « Les gens qui travaillent en deux périodes, le printemps tôt et à l'automne tard, pourront bénéficier des meilleures semaines des deux périodes de travail », explique Gaétan Cousineau.
La Coalition action-chômage croit qu'Ottawa vient de créer deux catégories de chômeurs, les travailleurs saisonniers et les autres prestataires qui seront avantagés par le nouveau calcul.
D'après un reportage de Martin Toulgoat