Des Innus de Sept-Iles-Maliotenam veulent bloquer la route aux camions de marchandises qui circulent en direction du chantier de La Romaine. Dès lundi midi, ils ont l'intention d'installer un barrage sur la route 138.
Les Innus veulent rappeler à Hydro-Québec que leur communauté n'a pas donné son consentement à la construction des lignes de transport qui doivent desservir le complexe hydroélectrique. Les membres de la communauté innue d'Uashat-Maliotenam (ou Uashat Mak Mani-Utenam) se sont prononcés à 59,2 % contre le premier projet d'entente et à 54 % contre la seconde mouture.
Les Autochtones n'ont pas prisé que la semaine dernière, la société d'État présente en grandes pompes à la presse la mise en terre des premiers pylônes de ce réseau qui doit transporter les 1500 mégawatts d'énergie qui seront produits par les barrages de la rivière Romaine. D'ici 2017, Hydro-Québec prévoit construire quatre lignes de raccordement d'une longueur 500 kilomètres pour les barrages Romaine 2 et 4. Le coût de ces travaux est évalué à 1,2 milliard de dollars.
Pour les Innus, ce spectacle médiatique orchestré par Hydro-Québec a été la goutte qui fait déborder le vase.
Des travaux illégaux selon les Innus
Le leader du mouvement, Norbert Fontaine, rappelle que les Innus ont refusé l'entente proposée par Hydro-Québec l'automne dernier. Ces travaux se réalisent donc sans leur autorisation. M. Fontaine doute même de la légalité des travaux entrepris jusqu'à présent. « On pense que ce qu'Hydro-Québec est en train de faire n'est pas un geste légal ».
Les opposants réclament une reprise des négociations. Mais ils veulent être accompagnés. Un comité est en train de se former, justement pour appuyer les efforts du conseil de bande lors de la prochaine session de pourparlers. « Nous voulons être certains que le message et les besoins des citoyens ont été bien entendus aux tables de négociations », explique M. Fontaine.
Dans ce contexte, le blocage de la route 138 est vu par les Innus comme un geste de dernier recours.
D'après un reportage de Julie Abud