Bas-Saint-Laurent : un partage de services payant à Biencourt

Carte de crédit Visa Desjardins

Depuis le mois de décembre, la municipalité de Biencourt et la Caisse populaire partagent les mêmes locaux et la même employée. C'est la première fois que le réseau des caisses Desjardins intègre aussi complètement son offre de services à celle d'une municipalité.

Grâce à cette solution ingénieuse, la municipalité dévitalisée a réussi à éviter une réduction des services bancaires et à terme, la fermeture de la caisse locale. L'exemple malheureux du village de Lejeune, qui a perdu sa caisse en 2005, était encore frais à la mémoire et il fallait trouver une façon d'éviter un tel dénouement, explique le maire, Daniel Boucher.

Desjardins éprouvait des problèmes de rentabilité et songeait à réduire le nombre d'heures de service. Le spectre de la fermeture ne planait pas encore, mais la situation démographique de la municipalité rendait un tel scénario possible.

L'entente avec la municipalité de Biencourt permet à la Caisse populaire de rentabiliser ses activités; elle a même pu se permettre de doubler les heures d'ouverture de son guichet, qui sont passées de 15 à 30.

Une employée polyvalente

L'employée municipale embauchée pour offrir le double service porte le titre d'adjointe à la directrice générale de la municipalité et de commis au service à la clientèle Desjardins. À ce titre, elle assure les transactions courantes et dirige les clients vers les services spécialisés en cas de besoin.

Il a fallu cinq mois pour démarrer ce projet.

Pour parvenir au résultat souhaité, Biencourt a dû faire l'acquisition des anciens locaux de la Caisse populaire de la Vallée des Lacs.

La directrice générale de Biencourt, Sonia Caron, précise qu'il fallait tenir compte d'un certain nombre d'éléments. « Il fallait s'assurer de la sécurité pour notre employée, pour les membres qui se présentent ici et aussi de la confidentialité des lieux. »

Une convention juridique encadre les activités des deux organisations. Des enquêtes de sécurité ont aussi été nécessaires.

La solution retenue par les élus a même permis de faire d'une pierre, deux coups.

L'ancien bureau municipal, qui n'était plus nécessaire, a été loué à une nouvelle microentreprise, le Club d'encadrement technique acéricole de l'est du lac Témiscouata. Le regroupement de producteurs offre des services-conseils en matière de production acéricole, d'aménagement du peuplement, de contrôle de la qualité, d'équipements et de machinerie. Il facilite également le transfert ou le démarrage d'entreprise auprès des producteurs acéricoles du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie.

La municipalité encaisse donc un loyer et diversifie sa base économique.

Ces services intégrés semblent satisfaire un peu tout le monde. Desjardins devrait même rendre le projet permanent au cours du deuxième semestre de l'année. Le maire Boucher est enchanté et un sondage réalisé récemment indique que 90 % de la clientèle est satisfaite.

Des services adaptés à la baisse démographique

La « méthode » Biencourt pourrait bien faire boule de neige. En tout cas, elle fait partie de l'arsenal de Desjardins pour faire face aux défis de la décroissance. Au moins trois autres expériences pilotes sont actuellement en cours dans autant de caisses au Québec. Le modèle diffère d'un endroit à l'autre, mais tous ont pour objectif de permettre à Desjardins d'adapter ses services aux nouvelles réalités économiques et démographiques des municipalités rurales du Québec.

Un texte de Richard Lavoie, collaboration Réjean Desmeules

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