Forage du pétrole dans la région de Gaspé
Des citoyens soupçonnent Pétrolia de vouloir recourir à la fracturation hydraulique en Gaspésie. L'entreprise dément et soutient qu'elle emploie toujours des procédés conventionnels.
Depuis novembre dernier, Pétrolia a réussi à quadrupler sa production de barils de pétrole extraite de son puits Haldimand numéro 1 qui était fermé depuis 2008.
Ce succès, Pétrolia le doit, selon elle, à l'injection de pétrole dans les failles du puits. Le procédé a permis de faire remonter à la surface une quarantaine de barils par jour.
En 2010, lorsque Pétrolia a annoncé son intention de tester à nouveau le puits Haldimand no 1, l'entreprise indiquait dans un document remis à la presse et aux investisseurs que les tests incluraient « une fracturation hydraulique massive ».
Pétrolia assure maintenant qu'elle n'a pas eu recours à la fracturation hydraulique.
Toutefois, selon la vice-présidente de Pétrolia Isabelle Proulx, cette technique démontre que le réseau de fracture communique bien ensemble. « On va pouvoir avec le forage horizontal, faire en sorte qu'il y ait une production naturelle « , explique Mme Proulx.
L'entreprise maintient par contre que la fracturation hydraulique ne fait pas partie de ses plans à court terme. « La fracturation n'est pas écartée à tout jamais, mais on pense qu'on est capable d'exploiter de façon naturelle ce puits-là et c'est ce qu'on va maximiser », soutient Mme Proulx.
Toutefois, les écologistes y voient un premier pas vers cette méthode qui a semé la controverse pour le gaz de schiste.
Les assurances de Pétrolia n'ont pas convaincu Laurent Juneau qui fait partie de Ensemble pour un avenir durable de notre région.
Une fracturation préliminaire
Laurent Juneau est plutôt d'avis que ces tests sont un autre pas vers l'utilisation de la fracturation hydraulique pour extraire du pétrole à Gaspé. Pour lui, la technique utilisée par Pétrolia, l'injectivité, n'est qu'une fracturation préliminaire à la fracturation hydraulique.
De là à penser que Pétrolia utilisera un jour ou l'autre la fracturation qui a été tant controversée dans le dossier du gaz de schiste, il n'y a qu'un pas que Laurent Juneau n'hésite pas à franchir. « Il y a deux discours chez Petrolia, il y a le discours aux actionnaires qui parle très clairement de fracturation et le discours aux citoyens de Gaspé qui dit: non, non, ne vous inquiétez pas, on n'en fera pas, on va aller dans le conventionnel », commente M. Juneau.
Le mouvement citoyen Ensemble pour un avenir durable de notre région exige toujours que Québec impose un moratoire sur la fracturation hydraulique. Une pétition est d'ailleurs en ligne en ce moment sur le site de l'Assemblée nationale. Près de 4000 personnes l'ont signée.
Pour ses trois propriétés pétrolières à Gaspé et l'île d'Anticosti, Pétrolia a toujours comme objectif, d'ici 2014, de produire 5 % du pétrole consommé chaque année au Québec, soit de 18 à 20 000 barils.
Pétrolia possède des intérêts sur un territoire de 14 000 km2 au Québec, soit environ 17 % du territoire québécois sous permis.
D'après un reportage de Martin Toulgoat