Bas-Saint-Laurent : Hydro-Québec sommée d'expliquer ses choix

Une rare unanimité s'exprime entre le député libéral Jean D'Amour et les instances régionales du parti québécois dans le dossier d'Hydro-Québec. Autant du côté du représentant régional du parti au pouvoir que de ceux de l'opposition officielle, les récentes décisions de la société d'État inquiètent.

Riviere-du-loup-Jean-Damour Jean D'Amour député de Riviere-du-Loup

Le député de Rivière-du-Loup, Jean D'Amour, demande à Hydro-Québec de rendre des comptes sur sa présence en région.

La perte de pouvoirs décisionnels par la transformation de la direction régionale en direction réseau, fait tiquer l'adjoint parlementaire du ministre responsable de la société d'État, Clément Gignac. « Je veux savoir clairement le portrait des prochaines années pour la région que ce soit pour Rivière-du-Loup, que ce soit à Rimouski », lance Jean D'Amour.

« Je suis tanné de me faire dire depuis des années qu'il n'y a pas de problèmes. » — Le député de Rivière-du-Loup, Jean D'Amour

Les annonces récentes sur l'abolition et le transfert de postes dans les régions de l'Est du Québec ajoutent à son inquiétude. D'ailleurs, le député prévoit rencontrer la direction locale d'Hydro-Québec, en compagnie de ses collègues députés de Gaspé, Georges Mamelonet et de Bonaventure, Damien Arseneault, le 21 février prochain à l'Assemblée nationale à Québec.

Réactions du Parti québécois

De leur côté, les instances régionales du Parti québécois exigent un moratoire sur ce qu'elles qualifient de « décisions antirégions » d'Hydro-Québec.

La présidente régionale, Carole Boucher, affirme qu'il faut cesser de prendre les décisions à partir de Québec ou Montréal. Ces choix budgétaires ont, à l'évidence, un impact sur l'avenir des régions. Pourtant, dit Mme Boucher, elles n'ont pas droit au chapitre.

Le député péquiste de Rimouski, Irvin Pelletier, croit surtout que le gouvernement a perdu le contrôle d'Hydro-Québec. « C'est le président d'Hydro-Québec qui a préséance sur le ministre. Ça, c'est très inquiétant, très dangereux pour l'avenir », soutient le député du PQ.

Le PQ s'en prend aussi au gouvernement de Jean Charest qu'il accuse de laisser agir Hydro-Québec, en flagrante contradiction avec son projet d'assurer l'occupation du territoire.

Un point de vue que partage, le président de la Conférence régionale des élus (CRE), Michel Lagacé. Ce dernier qualifie la décision d'Hydro-Québec de choquante, de méprisante et de déconnectée de la réalité régionale.

« Est-ce que l'efficience commande de déshabiller les régions au profit de Montréal? L'électricité n'est pas produite, à ce que je sache, à Montréal. Elle est produite en région », dénonce le président de la CRE.

L'attaché de presse du ministre Clément Gignac indique que le ministre responsable d'Hydro-Québec ne commentera pas et que, pour le ministre, les orientations d'Hydro-Québec en région relèvent de la régie interne.

D'après un reportage de Réjean Desmeules

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