Côte-Nord : fin du procès de Bernard «Rambo» Gauthier

Au Palais de justice de Sept-Iles, le procès pour intimidation de Bernard Gauthier, surnommé Rambo, et de deux autres travailleurs de la FTQ n'aura duré que deux jours.

Retardé d'une journée, par le dépôt d'une requête en arrêt des procédures par la défense, le procès très médiatisé a finalement commencé mardi matin pour se terminer mercredi après-midi. Le juge Michel Babin a pris la cause en délibéré et doit rendre sa décision à Québec le 23 mars prochain.

Bernard-Gauthier-FTQ Procès de l'agent d'affaires Bernard Gauthier de la FTQ-Construction

Les événements qui ont mené à ces accusations se sont déroulés en février 2009, sur le chantier du Lac Bloom, près de Fermont. La Commission de la construction du Québec (CCQ) a fait entendre au total cinq témoins sur cette histoire d'intimidation.

Pour l'avocate de la Direction des poursuites criminelles et pénales, il est clair que Bernard Gauthier, Marc Bérubé et Maxime Létourneau ont bel et bien intimidé le propriétaire d'une compagnie d'excavation de Baie-Comeau et son personnel.

La preuve déposée contre les accusés repose sur un appel téléphonique de Bernard Gauthier à Marc Riverin, le président de la compagnie Raynald Côté Inc.

Lors de cet appel, Bernard Gauthier a informé l'entreprise que son personnel devait être composé de 30 % d'autochtones et de 90 % de travailleurs affiliés à la FTQ.

Selon le témoignage de M. Riverin, l'agent d'affaires aurait eu un ton autoritaire. Il reproche également à Marc Bérubé, un autre accusé, d'avoir bombé le torse devant lui. Toujours selon l'entrepreneur, des patrouilles de la FTQ demandaient régulièrement les cartes de compétence de son personnel. Pour le témoin, toutes ces actions représentaient autant d'actes d'intimidation.

L'avocat de la défense, Robert Laurin, estime plutôt qu'en aucun temps il n'y a eu intimidation et jamais l'allégeance syndicale n'a été un enjeu. « Il n'y a jamais eu de menaces de représailles, il n'ya jamais eu de suivi à cette conversation téléphonique de trois minutes », a précisé l'avocat.

Si Bernard Gauthier est reconnu coupable il pourrait perdre le droit de représenter les travailleurs pendant cinq ans.

Diane Lemieux maintient le cap

La présidente de la CCQ, Diane Lemieux, était par ailleurs de passage à Sept-Îles cette semaine. Une quarantaine de travailleurs au chômage, syndiqués à la FTQ, espéraient rencontrer Mme Lemieux aux bureaux de la CCQ à Sept-Îles.

Ces travailleurs se disent écartés des chantiers locaux depuis l'adoption de la loi 33, même si les règlements ne sont pas encore en vigueur.

La situation serait particulièrement problématique à Fermont, selon l'opérateur, Jean-Yves Noël. « La Commission de la construction n'intervient pas, raconte M. Noël, c'est ça aussi qui ne nous rassure pas. Présentement il y a une entreprise, c'est 94 % de main-d'oeuvre de l'extérieur qui est là, alors qu'ils ont le droit à 20 %. Puis ils [NDLR Les agents de la CCQ] ne réagissent pas. »

La présidente de la CCQ, Diane Lemieux, croit que ces craintes sont prématurées et qu'il faudra attendre la mise en place du nouveau système de référence de la main-d'oeuvre de la commission.

La FTQ-Construction a décidé de ne pas participer au comité de travail sur la réorganisation du placement de la main-d'oeuvre dans l'industrie de la construction.

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