Services ambulanciers en Gaspésie : fin du projet pilote dans la Baie-des-Chaleurs

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L'Agence de santé et des services sociaux de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine a décidé d'abandonner le projet pilote des services ambulanciers dans la Baie-des-Chaleurs. L'organisme préfère utiliser l'argent pour mieux desservir l'ensemble de son territoire.

Pourtant depuis son implantation, il y a trois ans, le programme a fait ses preuves, estime Sébastien Desbois de Services Secours Baie-des-Chaleurs. « Dans le cas d'une crise cardiaque ou d'un arrêt cardio-respiratoire, c'est sûr que c'est bénéfique », confirme l'ambulancier.

Depuis trois ans, cinq régions du Québec, dont la Gaspésie, profitent de budgets accrus. Elles ont ainsi pu embaucher plus d'ambulanciers et réduire de plus de trois minutes les délais d'intervention.

La Baie-des-Chaleurs choyée

Pour le projet pilote dans la Baie-des-Chaleurs, Québec verse trois millions de dollars par année. Une trentaine d'ambulanciers supplémentaires ont pu être déployés.

Le président-directeur général de l' Agence régionale, Gilles Pelletier admet que le programme spécial vient « blinder » la zone de la Baie-des-Chaleurs, mais il constate qu'il y a des lacunes à corriger ailleurs.

Inquiétude et mécontentement

Le PDG estime qu'il en coûterait au moins 14 millions de dollars pour offrir le même programme partout sur le territoire gaspésien. Il croit inutile de tenter d'adresser une telle demande au gouvernement québécois.

L'agence régionale a donc l'intention de redéployer le plus rapidement possible la trentaine d'ambulanciers sur le territoire.

Cette décision inquiète l'ambulancier Louis-Charles Larrivée, qui se demande de quoi sera fait l'avenir. « Si ça tombe à l'eau, il y a beaucoup de monde qui vont être obligé de déménager à nouveau. »

De son côté, le vice-président de la Fédération de la Santé et des Services sociaux de la CSN, Jeff Beggley, considère que la démonstration a été faite. Il demande que Québec étende plus largement ce programme qui a permis selon lui, de réduire les délais d'intervention et sans doute de sauver des vies.

Du même souffle, il dénonce le gouvernement du Québec qui renvoie cette demande à la table de négociations en vue du renouvellement du contrat de travail des ambulanciers.

Selon Jeff Beggley, il ne faut pas que cette question soit un enjeu de négociations. « Il faut regarder plus loin que les conditions de travail, il faut regarder l'impact pour la population, précise le syndicaliste.

Il a été impossible de vérifier auprès du ministère de la Santé si l'argent consenti pour le projet pilote continuera à être versé à l'Agence, même si elle a l'intention de l'utiliser autrement.

D'après un reportage de Pierre Cotton

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