Olivier Demers directeur SCFG
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Photo Bruno Lelièvre
L'état actuel du pont Cascapédia empêche la Société du chemin de fer de la Gaspésie (SCFG) et Via Rail de rétablir le service de passagers sur le tronçon entre Matapédia et Gaspé. Les deux partenaires ont convenu que l'interruption durerait jusqu'à la réalisation des travaux pour assurer la sécurité et l'intégrité de la voie ferrée. Pour la SCFG, il s'agit d'une déception de taille. Le directeur, Olivier Demers, a souligné qu'une évaluation préliminaire avait pourtant semblé assez positive.
La firme Roche, qui a évalué l'état du pont Cascapédia, a finalement conclu que l'ouvrage était non sécuritaire et qu'il était urgent de remplacer entre six et huit barres de torsion avant que le train puisse l'emprunter à nouveau. Le coût des travaux est évalué à 450 000 $. La SCFG confirme que l'argent est déjà réservé puisque ces travaux étaient prévus dans le programme régulier d'entretien 2012. Les réparations seront effectuées dès que les pièces d'acier seront livrées, soit dans deux semaines environ. Il faudra compter au moins deux autres semaines, selon lui, avant que les remplacements soient complétés.
Pas de garantie de reprise
Un train de Via rail en Gaspésie
Même avec ces réparations, M. Demers se dit incapable de garantir que le tronçon Matapédia-New-Carlisle pourra rouvrir comme le réclamait il y a quelques semaines le député de Gaspésie-Les îLes, Phillip Toone. Il n'en exclut pas la possibilité, mais il craint que de nouvelles mauvaises surprises ne viennent empêcher Via Rail de rétablir le service. Pourtant, la SCFG affirme que le seul autre pont qui aurait pu s'avérer problématique sur ce tronçon, soit celui de Saint-Siméon, a été jugé pleinement sécuritaire par les ingénieurs de Roche. Les travaux les plus urgents seront donc réalisés sur le pont Cascapédia même si Olivier Demers confirme que cet ouvrage, dont la conception est désuète, est appelé à disparaître d'ici 2015. Un autre pont dans le même secteur sera aussi condamné et remplacé un peu plus tard.
Sur le tronçon New-Carlisle-Gaspé, deux autres ponts sont actuellement sous la loupe des ingénieurs. Il s'agit du pont de Grande-Rivière et de celui de Grand Pabos. « Il faudra encore là attendre d'avoir les résultats des études de capacité pour mesurer l'ampleur des travaux à exécuter », précise M. Demers. Encore là, aucun échéancier de reprise n'a été fixé.
Olivier Demers réaffirme que les deux gouvernements devront venir appuyer les efforts de la SCFG pour remettre l'ensemble du réseau gaspésien en état. « Ce qui est sûr, c'est qu'il faut investir 93 millions de dollars dans les cinq prochaines années », confirme le directeur. La totalité des 95 ponts devra être réparée selon une séquence déterminée par les ingénieurs.
Bonne nouvelle de Québec
Le ministre responsable de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine et du Bas-Saint-Laurent
Lors de son passage en Gaspésie, le ministre responsable de la région, Yves Bolduc, a donné un signal important à la SCFG en confirmant que son gouvernement participerait à l'effort. Olivier Demers comprend que l'aide à court terme pourrait venir de Transports Québec.
Pour le moment, les discussions avec le gouvernement fédéral sont au point mort. Au mieux, précise Olivier Demers, « Ottawa nous dit de ne pas compter sur de l'aide à court terme, mais qu'il y a une possibilité en 2014 ».
En attendant, les voyageurs devront prendre leur mal en patience et continuer à se déplacer en autocar entre Matapédia et Gaspé. La SCFG estime qu'il est « raisonnable de penser » que les locomotives de Via Rail, qui ne circulent plus depuis le 22 décembre dernier, pourront reprendre le service au début de l'été.
Un texte de Richard Lavoie