Les élus de la Côte-Nord craignent la création de réserves de biodiversité

La Conférence régionale des élus (CRE) de la Côte-Nord croit qu'il faut s'abstenir de donner un statut permanent aux nouvelles réserves de biodiversité, de peur de compromettre d'éventuels projets de développement.

Peuplier faux-tremble Peuplier faux-tremble

Le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) a tenu, mercredi soir, à Baie-Comeau, la deuxième partie de son examen public sur la création de huit réserves de biodiversité sur la Côte-Nord.

La difficulté de concilier les intérêts économiques et la protection du territoire est clairement ressortie lors de la présentation des mémoires comme l'enjeu majeur de la région.

En présentant le mémoire de la CRE, le directeur des ressources naturelles à la CRE, Charles Warren, a fait valoir que la mise en place d'aires protégées pouvait entraîner la modification de tracés d'accès, rendre des projets moins intéressants ou même amener un promoteur à développer dans une autre région.

Les élus ont cependant dû convenir qu'aucun projet économique n'a été abandonné en raison des mesures de protection déjà existantes.

La compagnie minière New Millenium est par la suite venue illustrer que la création de réserves peut amener des contraintes supplémentaires à des projets de développement.

Le vice-président de l'entreprise, Paul Wilkinson, a demandé de déplacer d'une centaine de mètres, la limite de la réserve proposée de la Matamec. L'entreprise veut pouvoir construire un pipeline pour acheminer à partir de 2016 du minerai de fer de Schefferville vers Sept-Îles. Ce projet est jugé essentiel pour la rentabilité de cette activité.

De son côté, le directeur de la Réserve mondiale de la biosphère Manicouagan-Uapishka, Jean-Philippe Messier, a plaidé pour inciter Québec à aller de l'avant dès que possible.

Selon lui, les territoires parfaits aux fins de conservation qui ont une grande valeur écologique et qui ne présentent aucune contrainte économique n'existent pas. « Il faut faire des choix », a-t-il conclu.

Rapport à venir

Le BAPE s'attaquera maintenant à la production de son rapport qui sera déposé au ministre de l'Environnement. Ce dernier aura 60 jours pour le rendre public.

Les huit nouvelles réserves proposées par Québec feraient passer à près de 8 % le territoire protégé sur la Côte-Nord, ce qui est encore bien loin de la cible de 12 % à atteindre d'ici 2015.

D'après un reportage de Carl Marchand

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