Rien ne va plus entre le Syndicat des pompiers de Rimouski et la Ville. Une rencontre de la dernière chance, mercredi, s'est conclue par un échec.
Les pompiers de Rimouski ont mis des culottes courtes et ont peint les roues de leurs camions au cours de l'été pour manifester leur opposition aux propositions de la Ville.
Dans une ultime tentative pour dénouer l'impasse, les pompiers ont déposé de nouvelles propositions. Ils acceptaient de hausser leur participation au déficit au régime de retraite entre 35 % et 40 %. Par contre, le syndicat demandait que la rente soit d'environ 40 000 $ par année après 35 ans de service. Actuellement, la rente maximale s'élève à moins de 30 000 $.
Selon le conseiller syndical de la FTQ, Serge Martin, la Ville n'a pas voulu considérer cette proposition. « Ils l'ont étudiée une dizaine de minutes et sont revenus en disant qu'ils ne pouvaient pas l'accepter et que c'était l'arbitrage », raconte M. Martin.
Contribution de 50 %
La Ville de Rimouski voudrait que les pompiers s'engagent à payer la moitié du déficit de 540 000 $ de la caisse de retraite, ce qu'ils refusent.
Pour la directrice des ressources humaines de la Ville de Rimouski, Annie Beaupré, l'Administration municipale se doit d'être équitable envers les autres unités syndicales et les employés-cadres qui ont tous accepté de payer 50 % du déficit de la caisse de retraite.
Le président du syndicat des pompiers de Rimouski, Sylvain Lévesque, rappelle que le régime de retraite a déjà réalisé des surplus qui ont été encaissés par la municipalité. Le syndicat ajoute que les élus de Rimouski paient seulement 20 % de leur régime de retraite et qu'ils devraient donner l'exemple.
Le conseiller syndical de la FTQ, Serge Martin et le président du syndicat, Sylvain Lévesque, conviennent néanmoins que l'arbitrage est devenu presque inévitable.
L'ensemble du dossier, soutient Serge Martin, est mené par le maire de Rimouski, Éric Forest, qui est surtout président de l'Union des municipalités du Québec (UMQ). « D'après moi, ça aurait pu régler facilement avec Rimouski, mais il s'est engagé au nom de l'UMQ à trouver des solutions », commente le porte-parole de la FTQ.
À ce propos, l'UMQ, qui estime le déficit des régimes de retraite des employés municipaux du Québec à 3 milliards de dollars, a récemment rencontré le ministre des Finances Raymond Bachand pour lui présenter ses solutions pour régler le problème. La hausse des cotisations des employés est parmi les propositions qui ont été discutées.
À Rimouski, 11 pompiers permanents, sur un effectif total de 70 personnes, ont droit au régime de retraite, ce qui représente 5 % du personnel municipal.
L'arbitrage pourrait prendre plusieurs mois, voir plus d'un an. L'arbitre aura le pouvoir d'imposer aux deux parties les termes du prochain contrat de travail de trois ans.
Les pompiers de Rimouski sont sans contrat de travail depuis presque deux ans et demi.
La FTQ, par le biais de ses affiliés, représente quelque 3200 pompiers au Québec.