À Sept-Îles, le restaurant de la chaîne McDonald a dû faire appel à des travailleurs des Philippines pour maintenir ses activités.
Dans cette ville, dont le développement accéléré va de pair avec celui de l'industrie minière et du Plan Nord, la main-d'oeuvre immigrante représente une solution de rechange pour certains employeurs qui peinent à recruter.
Le dernier exemple en date est celui du restaurant McDonald.
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Martin Labbé
Dans ce haut lieu de la cuisine rapide, les heures sont longues et il est difficile de recruter du personnel. Le superviseur Richard Sirois en sait quelque chose, lui qui doit fermer les portes, la nuit venue, faute de personnel. Pourtant, dans la chaîne McDonald, les restaurants doivent rester ouverts 24 heures sur 24.
La direction a donc fait preuve d'imagination en offrant le paiement de quelques mois de loyer et des salaires plus élevés pour les travailleurs de l'extérieur de la région.
Les efforts de recrutement
Richard Sirois explique que les premières démarches de recrutement ont été faites auprès des services de l'Immigration, mais qu'il s'est vite rendu compte de la longueur du processus. Plusieurs années peuvent s'écouler avant de faire venir un travailleur étranger en sol québécois.
La solution la plus immédiate a donc été de se tourner vers le recrutement dans d'autres villes du Québec, en Estrie, à Montréal et à Québec, les trois bassins où se concentrent les immigrants.
Toutes ces démarches et d'autres encore se sont soldées par le recrutement d'une dizaine de personnes.
C'est ainsi que sept Philippins, nouvellement immigrés, sont désormais employés au restaurant de Sept-Îles.
L'un d'eux, Eugene Lord, a signé un contrat de deux ans. Il s'exprime en anglais, l'une des deux langues officielles de son pays, une ancienne colonie américaine. Il suit actuellement des cours de francisation au centre linguistique septilien, Alpha-Lira.
De Manille à Sept-Îles, le chemin est long et le fossé culturel à l'arrivée, profond. Malgré ses efforts, le nouvel employé constate que la langue demeure le principal obstacle à son intégration. « J'étudie et je pratique beaucoup parce que je suis fier lorsque les gens comprennent ce que je dis », explique-t-il.
Un virage vers l'immigration
Selon le Carrefour jeunesse-emploi, le restaurant McDonald ne serait pas le seul employeur à se tourner vers les immigrants, comme solution à la pénurie de main-d'oeuvre. Plusieurs autres entreprises de services et des PME optent également pour cette solution.
C'est d'ailleurs la raison pour laquellele centre Alpha-Lira et d'autres groupes locaux ont récemment fait front commun pour embaucher un conseiller en accueil et immigration.
D'après un reportage de Caroline Cyr