Côte-Nord : pour prévenir la toxicomanie chez les jeunes innus

Manifestants-Maliotenam-2 À l'été 2011, la communauté innue s'était mobilisée contre la toxicomanie chez les jeunes dans la foulée du décès tragique de la jeune Adélus Bellefleur. Toutefois, par la suite, l'autopsie ne détectera aucune trace de drogue chez la jeune innue.

Quatre écoles innues de la Côte-Nord ont mis en place un programme de prévention lié à la consommation de drogues et d'alcool chez les jeunes du primaire.

Depuis novembre, des ateliers se tiennent à l'école Johnny Pilot d'Uashat-Maliotenam. La directrice de l'établissement scolaire, Sylvie Pinette, explique qu'il s'agit d'une façon de prévenir la toxicomanie chez les élèves de 10 à 12 ans. « Il y a un constat, indique Mme Pinette, il y a des chiffres, des statistiques, donc ça, c'est une façon de travailler à essayer de diminuer ces chiffres malheureux. »

L'initiative est issue d'une collaboration avec le département de psychoéducation de l'Université de Sherbrooke. Une récente étude démontre que la consommation d'alcool et de cannabis débute à l'âge moyen de neuf ans et demi dans les communautés innues.

Mme Pinette soutient que les intervenants ne font pas directement référence aux drogues au cours des ateliers. « On va plus travailler l'estime de soi des jeunes, explique-t-elle, et puis leurs relations avec les autres. Aussi, on va parler des influences. »

Plan d'action

En juillet, la mort d'une jeune innue de Pessamit a suscité de vives réactions. La communauté d'Uashat-Maliotenam s'est alors donné un plan d'action pour intervenir rapidement auprès des jeunes et des parents.

Cependant, le coordonnateur des services communautaires, Jean-Claude Therien-Pinette, estime que le manque de financement nuit aux efforts de prévention. « On essaie tant bien que mal d'être en mode prévention, souligne M. Therien-Pinette, mais c'est sûr et certain que la disponibilité de la substance sur le terrain nous amène toujours à intervenir quand le problème est présent. »

La clientèle toxicomane est en croissance à l'hôpital de Sept-Îles, selon la psychiatre Isabelle Gingras. « On voit de plus en plus de psychoses toxiques, note la spécialiste, il y a des gens qui développement des troubles mentaux, qui présentaient probablement une vulnérabilité, mais la maladie ne ce serait jamais déclarée s'il n'y avait pas eu de consommation. »

La communauté innue souhaite tenir un forum sur les dépendances et la santé mentale, dès ce printemps.

D'après le reportage de Caroline Cyr

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