Bois d'oeuvre Cédrico a déposé, lundi, devant la Cour supérieure une requête pour se prévaloir de la Loi sur les arrangements avec les créanciers.
L'usine Cédrico de La Martre
Cédrico dispose d'un délai de 30 jours pour déposer un plan de restructuration ou une nouvelle requête pour prolonger les délais accordés par la loi.
Le plan de relance proposé par Cédrico prévoirait la survie des usines de Causapscal et de Price. La production, interrompue depuis quelques mois, pourrait reprendre en mars ou en avril.
Cédrico a cependant besoin de l'aide d'Investissement Québec.
Le milieu ébranlé
Le recours aux tribunaux pour sauver Cédrico n'étonne guère la quarantaine de personnes qui travaillaient à l'usine de Price.
À la municpalité de Price, la déception est grande. Le maire Laurent Hémond ne cache pas son amertume face aux promesses non tenues. « Avec la rencontre qu'on a eu il y a trois mois avec le gouvernement et le ministre Gignac, on s'attendait à des choses positives, mais là on s'aperçoit que le gouvernement n'a pas bougé pis la hache est tombée ce matin! »
Une catastrophe économique appréhendée
Danielle Doyer, députée de Matapédia ( archives)
La députée de Matapédia, Danielle Doyer, accuse le gouvernement Charest d'être responsable de la situation qui prévaut chez Cédrico.
Selon la députée, une fermeture définitive des usines de Bois d'oeuvre Cédrico à Causapscal, Lac-au-Saumon et Price, ainsi que l'arrêt des travaux sylvicoles et d'abattage en forêt, compromettrait plus de 560 emplois directs.
Toujours selon les chiffres avancés par la députée péquiste, la masse salariale ainsi perdue serait de près de 20 millions de dollars dans la circonscription de Matapédia.
Une fermeture de Cédrico, ajoute Mme Doyer, entraînerait la disparition de 1000 emplois indirects dans la région du Bas-Saint-Laurent.
Intervention gouvernementale demandée
Au mois d'août dernier, de nombreux chefs de file économiques de la région lançaient un cri du coeur et réclamaient l'intervention du gouvernement Charest.
De son côté, Danielle Doyer réclame cette intervention d'urgence depuis plus d'un an.
Le PQ dénonce l'inaction du gouvernement
Les problèmes de Cédrico sont loin d'être un phénomène isolé. C'est l'ensemble du secteur forestier qui est fragilisé par une crise qui n'en finit plus.
Le député de Roberval et porte-parole de l'opposition officielle en matière de forêts, Denis Trottier, se montre particulièrement préoccupé par l'avalanche de mauvaises nouvelles pour ce secteur au cours des derniers jours. « Depuis six ans, le gouvernement libéral regarde, les bras croisés, la situation de l'industrie forestière se détériorer. Il faut se demander pourquoi il délaisse autant la ressource forestière, renouvelable, pour tout miser dans le secteur minier, pour le faire, de surcroît, à rabais avec des ressources non renouvelables ».
Le député constate que depuis la semaine dernière, 600 personnes ont été mises au chômage à Québec (Papiers White Birch) et plus de 300 au Saguenay-Lac-Saint-Jean, soit 150 à Kénogami (Produits forestiers Résolu) et 165 autres à l'Ascension (Produits forestiers Arbec).
Le Parti québécois demande que le gouvernement dépose, dès le début de 2012, une stratégie de relance du secteur forestier qui serait notamment fondée sur l'implication des outils d'investissement économique gouvernementaux dans le soutien des entreprises innovantes.
Rien du côté américain
Pour le spécialiste en foresterie de Université Laval, Luc Bouthiller, rien ne sera possible sans une reprise de la construction domiciliaire chez nos voisins américains. Malheureusement, dit-il, il n'y a pas d'embellie en vue.
Pour bien des observateurs, l'année 2011, qui devait marquer la relance de l'industrie forestière, apparaît plutôt comme l'année des espoirs perdus.