Carte électorale : Québec dit non au monde rural

Le ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques, Yvon Vallières, a indiqué, mercredi, que le projet de loi 19 ne sera pas rappelé en chambre d'ici la fin de la session parlementaire.

Cette décision met fin aux espoirs des représentants du Bas-Saint-Laurent et de Chaudière-Appalaches de maintenir les circonscriptions de Matane, de Kamouraska-Témiscouata et de Lotbinière.

Chaudière-Appalaches

Le projet de loi 19 prévoyait de hausser temporairement le nombre de députés de 125 à 128 ce qui permettrait de protéger les circonscriptions menacées en attendant un débat plus large sur la représentation électorale du monde rural.

Trois circonscriptions rurales disparaîtront ainsi du paysage politique au prochain scrutin selon la refonte proposée par le Directeur général des élections. En revanche, trois circonscriptions seront ajoutées dans la banlieue de Montréal.

Le ministre Vallières fait valoir que l'opposition de l'Action démocratique, de Québec solidaire et de députés indépendants, jumelée au vote libre institué par le PQ, rendent peu probable la possibilité d'établir un consensus sur le sujet.

Déception

Carte-electorale-kamouraska La circonscription de Kamouraska-Témiscouata sera répartie dans la circonscription Côte-du-Sud et Rivière-du-Loup-Kamouraska

Une quarantaine de représentants du monde rural étaient à l'Assemblée nationale, mercredi, pour une ultime tentative de convaincre le gouvernement de déposer le projet de loi. La Coalition pour le maintien des comtés en région considère avoir été trahie par le gouvernement Charest et l'opposition péquiste.

Le gouvernement libéral et le ministre Yvon Vallières avaient jusqu'à présent refusé de déposer le projet de loi durant la présente session, arguant que toute question de représentation électorale devait faire l'objet d'un consensus entre les partis, selon la tradition parlementaire.

La présidente de la Coalition urgence rurale pour le Bas-Saint-Laurent, Suzanne Tremblay soutient que c'est le caucus libéral qui est demeuré très divisé sur la question de la représentation rurale tout au long du processus. « On a juste à voir tous les chroniqueurs politiques de l'ensemble des médias de Montréal qui disent au gouvernement de ne pas aller de l'avant avec le projet 19, de fermer nos comtés, de les donner à Montréal », commente Mme Tremblay.

Le président de la Coalition pour le maintien des comtés en région, Serge Fortin, accuse le gouvernement du Québec de négliger ainsi les régions du Québec.

Matapedia-Mitis et Matane-Gaspe La circonscription de Matane sera principalement annexée à celle de Matane-Gaspé

Selon M. Fortin, les 260 membres de la Coalition sont extrêmement déçus de cette situation attribuable selon lui à l'inaction et à l'entêtement du gouvernement Charest. Pour Serge Fortin, la situation est d'autant plus déplorable qu'elle est incompatible avec le projet de loi-cadre que vient d'annoncer le gouvernement pour assurer l'occupation et la vitalité des territoires.

Inquiète de l'impasse sur le projet de loi 19 qui persistait depuis plusieurs mois, la Fédération québécoise des municipalités (FQM) avait lancé, mercredi matin, un dernier appel aux élus afin de maintenir le poids politique des régions.

Dans sa sortie pour sauver le projet de loi 19, le président de la FQM, Bernard Généreux, relevait que le ministre Yvon Vallières avait récemment repris à son compte les arguments des régions pour demander à Ottawa de s'assurer du maintien du poids du Québec à la Chambre des communes. « Il faut cesser de penser que la démocratie est uniquement une question de mathématiques. [...] Quel avenir offrons-nous à nos milieux si la voix de régions comme la Gaspésie, le Bas-Saint-Laurent ou Chaudière-Appalaches ne trouve plus écho à l'Assemblée nationale? », demandait M. Généreux.

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