Démission de Nathalie Normandeau : le milieu socio-économique de l'Est du Québec appréhende l'avenir

Nathalie Normandeau et le premier ministre du Québec, Jean Charest Nathalie Normandeau et le premier ministre du Québec, Jean Charest   © PC/Jacques Boissinot

Au lendemain de la démission de Nathalie Normandeau, le milieu socio-économique de l'Est du Québec se demande ce qu'il adviendra de plusieurs dossiers défendus par l'ex-ministre.

Pour plusieurs, le départ de Nathalie Normandeau créera un vide politique difficile à remplir. « Son expérience et son expertise en milieu rural, c'est presque irremplaçable, estime la mairesse de Sainte-Anne-des-Monts, Micheline Pelletier. La Gaspésie va souffrir du départ de Nathalie Nomandeau, mais les régions aussi. »

Les élus de la Gaspésie sont préoccupés par plusieurs dossiers laissés en suspens, dont la révision de la carte électorale, l'agriculture et la crise forestière, qui continue à faire des ravages dans l'Est du Québec.

« Quand on est vice-première ministre, on est capable d'influencer grandement le premier ministre du Québec. C'est de ça dont on aura besoin. » — Danielle Doyer, députée de Matapédia

La direction du Centre Exploramer de Sainte-Anne-des-Monts, qui a été sauvé deux fois par Nathalie Normandeau, s'inquiète désormais de son sort. « Nos craintes sont que les ministères qui contribuaient à assurer le fonctionnement d'Exploramer ne soient plus là, puisqu'ils n'auront plus personne pour leur tirer sur la manche », explique la directrice du Centre Exploramer, Sandra Gauthier.

Au-delà des craintes du milieu, il y a aussi l'héritage que laisse Nathalie Normandeau, notamment dans le secteur de l'énergie éolienne. « Elle a eu aussi un souci de développer un pôle en Gaspésie, rappelle le directeur régional du TechnoCentre éolien, Frédéric Côté. Elle était très à l'écoute de la Gaspésie. »

Le maire de Rimouski, Éric Forest, s'inquiète quant à lui de la représentation politique de l'Est du Québec au sein du cabinet ministériel. Il n'y a plus aucun ministre libéral dans l'Est du Québec. Il constate également qu'avec le décès de Claude Béchard et le départ de la vice-première ministre, la voix des régions s'est considérablement affaiblie.

Qui succédera à Nathalie Normandeau ?

Malgré la surprise causée par le départ de Nathalie Normandeau, le bureau de la circonscription de Bonaventure se prépare aux élections partielles, qui seront déclenchées par Jean Charest d'ici six mois.

« On va viser un bon candidat pour faire un bon député et un autre bon ministre. » — Le président de l'Association libérale, Fabrice Bourque

Steve Leblanc, 33 ans, originaire de New Richmond et chef de cabinet de Sam Hamad, songe à se porter candidat. La mairesse de New Richmond, Nicole Appleby, appuie sa candidature.

Du côté du Parti Québécois, l'ex-député bloquiste, Raynald Blais, dit songer très sérieusement à faire le saut en politique provinciale. L'exécutif doit faire le point prochainement.

Patricia Chartier, elle, veut de nouveau porter les couleurs de Québec solidaire.

D'ici les élections partielles, le bureau de comté continuera à fonctionner sous la supervision de Lucie Charlebois. Les dossiers régionaux, eux, seront confiés au ministre Yves Bolduc, désormais responsable du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie.

La circonscription de Bonaventure est un fief libéral longtemps représenté, notamment, par Gérard D. Lévesque. Le Parti québécois y a fait une percée dans les années 90, pour ensuite être battu à quatre reprises par Nathalie Normandeau.

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