Blanc-Sablon
La route translabradorienne donne un nouveau souffle à l'économie des communautés isolées de la côte est du Labrador, une économie basée sur la pêche principalement. Depuis son ouverture l'hiver dernier, la route de plus de 1000 kilomètres a permis de briser l'isolement de ces communautés, qui n'étaient auparavant accessibles qu'en avion ou en bateau.
La route translabradorienne donne un nouveau souffle à l'économie des communautés isolées de la côte est du Labrador. Elle fait également revivre le projet de prolongation de la route 138.
Tous les villages de la côte est du Labrador ont pu profiter de cette nouvelle manne.
Par exemple, la station-service de Lydia Penney à Port Hope Simpson a doublé son chiffre d'affaires cette année. Cet argent a été dépensé en bonne partie par une nouvelle clientèle touristique canadienne, américaine et même européenne.
Quant à l'entreprise Christopher's Trucking, située à Forteau, elle ne possédait qu'un seul camion il y a 10 ans. Aujourd'hui, ses 24 camions parcourent le Labrador pour livrer biens et vivres aux communautés.
La route translabradorienne est cependant loin d'être en bon état. Sa majeure partie n'est pas encore pavée. À certains endroits, elle est encore en construction.
Blanc-Sablon
Grâce à la route translabradorienne, la municipalité de 1500 personnes de Blanc-Sablon, située à la frontière est du Québec, sur la Côte-Nord, est maintenant reliée au reste du Québec par le Labrador.
Le maire de Blanc-Sablon, Anthony Dumas, trouve toutefois déplorable que ce soit le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador qui se soit chargé de désenclaver la communauté. M. Dumas s'impatiente de voir la prolongation de la route 138, des travaux promis par Québec, mais qui ne semblent pas en voie de se réaliser.
« Mon père il a 76 ans. Il était l'ancien maire de la municipalité. Il a toujours travaillé pour la route. Ses jours s'achèvent et il n'y a pas de route. Son fils aujourd'hui a 54 ans. Et j'attends encore pour la route. Combien de générations vont attendre? », commente M. Dumas.
Quentin Bejannin, journaliste à la radio locale de Blanc-Sablon, croit également en l'importance d'établir un contact plus direct avec le reste de la province qu'en passant par le Labrador.
« Déjà, ça apporterait la culture québécoise ici. Parce que, l'air de rien, on est reliés davantage au Labrador et à Terre-Neuve. Quelque part, l'identité québécoise elle se perd », dit-il.
Souvent amers face à la lenteur des travaux de prolongation de la route 138, les habitants de Blanc-Sablon continuent tout de même de croire qu'elle se réalisera.