Le gouvernement du Québec n'a pas l'intention d'imposer un moratoire sur l'exploitation d'uranium, comme le réclame un groupe d'opposants qui campe devant l'Assemblée nationale.
Le gouvernement du Québec n'a pas l'intention d'imposer un moratoire sur l'exploitation d'uranium comme le demande un groupe d'opposants qui campe devant l'Assemblée nationale.
Plaquettes apposées par des prospecteurs d'uranium.
Le ministre délégué aux Ressources naturelles, Serge Simard, rejette carrément la requête de Sept-Îles sans uranium et de la coalition Pour que le Québec ait meilleure mine. « Vous savez, la population est capable de marcher et de parler en même temps. À partir de ce moment-là, un moratoire pour être en mesure de penser. Je pense qu'on peut avancer au niveau économique en s'assurant de l'information, en s'assurant de la sécurité », a-t-il dit.
Le ministre croit qu'il est possible d'exploiter la ressource de façon sécuritaire.
Le ministre Simard a aussi contesté le fait que les manifestants puissent avoir acquis des titres miniers, dont les droits d'exploitation permettraient d'explorer le sous-sol d'une partie des plaines d'Abraham et de la colline Parlementaire.
Les membres de ces deux organisations ont installé un simulacre de campement minier devant le parlement pour tenter de convaincre Québec de stopper la recherche d'uranium dans le sous-sol québécois pour les trois prochaines années. Les opposants au développement de l'industrie uranifère profitent des audiences de la commission parlementaire sur la loi 79, qui viendra modifier le régime minier, pour faire valoir leur point de vue.
Ils déposeront leurs mémoires respectifs mercredi.
Réplique de l'industrie
Opposition à la prospection d'uranium à Aguanish où Uracan possède un site d'exploration. (archives)
Plus tôt en matinée, l'ex-député bloquiste Yvan Loubier, qui a reçu de la firme National la responsabilité des communications pour la compagnie d'exploration minière Uracan, a reproché aux manifestants opposés à la prospection d'uranium de colporter des informations erronées. Selon Uracan, l'exploration et l'exploitation uranifères ne représentent pas plus de danger pour la santé de la population ou de l'environnement que tout autre secteur minier au Québec.
L'entreprise endosse le nouveau projet de loi sur les mines et veut, dans son mémoire, démystifier les mythes de l'industrie de l'uranium. Le porte-parole d'Uracan fera valoir son point de vue, mercredi, en commission parlementaire. Uracan, qui a des propriétés dans le secteur d'Havre-Saint-Pierre, estime que son projet de mine pourrait créer jusqu'à 500 emplois.
Quelque 100 sites uranifères, dont une vingtaine sur la Côte-Nord, seraient en cours d'exploration au Québec.
Projet dans le Nord-du-Québec
Dans le Nord-du-Québec, cette prospection reçoit généralement un accueil favorable auprès des populations. C'est dans cette région que pourrait être exploité le premier gisement d'uranium québécois.
Le projet Matoush, de la compagnie Strateco, est en préparation depuis quatre ans. Quelque 70 millions de dollars ont été investis pour mettre en valeur le site, situé à 275 km au nord de Chibougamau.
Pour en savoir un peu plus sur cette industrie naissante, les élus de la région de la Baie-James ont formé un comité indépendant chargé de recueillir et de diffuser l'information. Le comité, financé par la Conférence régionale des élus (CRE) de la Baie-James, remettra son rapport dans quelques mois.
Mine d'uranium (archives)
Déjà, le président de la Conférence régionale des élus de la Baie-James, Gérald Lemoyne, admet que le comité se montre plutôt favorable au développement de la filière uranifère.
Les élus se sentent notamment rassurés par les exigences imposées aux entreprises qui veulent exploiter un gisement. Ainsi, Strateco devra déposer 30 millions de dollars pour la restauration du site avant même son exploitation, et le montant sera réévalué pendant la vie active de la mine.
Toutefois, le projet minier devra franchir plusieurs étapes avant celle de l'exploitation. Il faudra encore quatre années de développement au cours desquelles les consultations publiques seront nombreuses.