La coalition Sept-Îles sans uranium s'installe devant l'Assemblée nationale jusqu'à jeudi pour réclamer un moratoire de trois ans sur l'exploration et l'exploitation des sites uranifères partout au Québec.
Un regroupement d'opposants à l'exploitation d'uranium à Sept-Îles érige, lundi, un faux campement minier devant l'Assemblée nationale, à Québec.
Tandis que la commission parlementaire sur les modifications à apporter à la Loi sur les mines reprend ses travaux, ces opposants réclament un moratoire d'au moins trois ans sur l'exploration et l'exploitation des mines d'uranium non seulement à Sept-Îles, mais partout au Québec. Ils seront présents 24 heures sur 24 dans leur campement improvisé qui demeurera sur place jusqu'à jeudi.
« Qu'on n'en produise pas sur le territoire, donc pas de centrale, pas de production et, par la bande, pas d'exploration », explique le porte-parole de la coalition Sept-Îles sans uranium, Marc Fafard.
L'organisme a aussi demandé au ministère de l'Environnement, la semaine dernière, de considérer les carottes de forage comme des matières dangereuses dès la confirmation d'une teneur d'uranium de 37 parties par million.
Cette nouvelle sortie publique de la coalition fait suite à une longue bataille contre un projet d'exploration de l'entreprise Terra Ventures sur le site du lac Kachiwiss, sur la Côte-Nord. Manifestations et pétitions s'étaient succédées, et une vingtaine de médecins de Sept-Îles avaient menacé de démissionner si le projet minier voyait le jour.
Carottes extraites d'un site d'exploration d'uranium.
La controverse, jumelée à une chute du prix de l'uranium, l'hiver dernier, ont entraîné l'arrêt du projet. Terra Ventures a finalement annoncé son départ, la semaine dernière.
Cette décision a tout de même surpris certaines personnes, puisque tout était encore en place jusqu'au mois dernier. Des membres de Sept-Îles sans uranium s'étaient rendus sur le site de Terra Ventures pour exprimer leurs craintes que l'entreprise reprenne ses travaux. « C'est la première fois qu'une industrie minière ou une entreprise minière change d'idée à la suite d'une manifestation citoyenne. Ça démontre quel poids les citoyens ont encore aujourd'hui au Québec », a déclaré le porte-parole Marc Fafard, la semaine dernière.
La décontamination du site d'exploitation, située à une vingtaine de kilomètres au nord de Sept-Îles, sera terminée d'ici l'hiver.
Lors de la commission parlementaire, la Ville de Sept-Îles demandera pour sa part que tous les projets miniers soient assujettis à l'acceptabilité sociale.