Nature Québec propose à Québec d'adopter un nouveau type d'aires protégées où serait autorisée l'exploitation forestière.
Ces aires protégées de catégorie 6 seraient mieux adaptées à la réalité des territoires fauniques. Nature Québec a mis quatre ans à mettre au point le modèle. La proposition de Nature Québec est présentement à l'étude au ministère du Développement durable et des Parcs.
Pour le responsable de la commission forêt de Nature Québec, Louis Bélanger, cette nouvelle catégorie viendrait accroître les superficies sous protection. « Souvent quand on veut faire des aires protégées strictes, les contraintes nous obligent à faire de petits parcs. Les aires protégées multicatégories nous permettent de les agrandir en faisant des zones tampons où la biodiversité est préservée, mais où on permet une certaine exploitation économique des ressources », explique M. Bélanger.
Selon Nature Québec, il s'agit là d'une nouvelle vision de développement. « On inverse le fardeau de la démonstration. Ce n'est pas les gens responsables de la biodiversité qui doivent démontrer l'impact, c'est ceux qui font du développement de ressources qui doivent démontrer qu'ils protègent la biodiversité », fait valoir l'écologiste.
Membre du comité d'aire protégée des monts Chic-Chocs, Judes Côté, croit que c'est une bonne idée. Depuis plusieurs années, il milite pour améliorer la protection du territoire de la réserve faunique de Matane. « Le volet d'aire protégée de catégorie 3 ou même 6 permettrait à tout le monde d'être assis à une même table, de discuter et d'arriver à un compromis autant faunique que forestier », fait valoir M. Côté.
Les travailleurs de l'industrie du bois sont toutefois inquiets. En 20 ans, le volume de la forêt exploitée a diminué de moitié au Bas-Saint-Laurent. Ingénieur forestier pour le groupe Lebel, Alain Lapierre craint que ces nouvelles aires protégées viennent encore réduire la capacité forestière de la région et, par conséquent, le nombre d'emplois en forêt.
Si tout va bien, des projets-pilotes pourraient être mis en place dès cet automne dans les réserves fauniques de Matane et des Chic-Chocs.