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En Abitibi-Témiscamingue où on ne compte que cinq centres de santé, ces infirmières retournent souvent travailler dans leur propre centre de santé pendant leurs congés payés, ce qui augmente la facture totale des services sociaux. La porte-parole régionale de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Micheline Lévesque dénonce la situation : « Elles sont payées par l'agence qui, elle, va chercher le montant de leur paye plus, bien entendu, un bénéfice pour leurs poches. »
Lorsqu'elles profitent de leurs congés payés pour aller travailler en agence privée, les infirmières gagnent alors près d'une fois et demie le salaire de base du secteur public. Certaines agences paient jusqu'au triple de leur salaire. La semaine dernière, Radio-Canada révélait que plusieurs infirmières du réseau public travaillaient aussi pour une agence privée.
Ainsi, à Baie-Comeau, des infirmières syndiquées prennent des congés différés et se placent en disponibilité auprès des agences privées de placement. Cette situation est acceptée par le syndicat, qui dénonce pourtant la présence du privé dans le secteur public.
La porte-parole syndicale, Marie-Patricia Tremblay indique que c'est effectivement prévu dans la convention : « Tu peux travailler. Tu ne peux pas travailler pour ton employeur, mais tu peux travailler ailleurs, à l'extérieur. [...] La majorité des gens, c'est ce qu'ils font, ils ont trouvé le truc. »
À l'hôpital de Baie-Comeau, souligne-t-elle, le tiers seulement des infirmières disposent d'une tâche régulière et celles qui travaillent à temps partiel en ont assez d'être surchargées. « Présentement nos gens restent à temps partiel parce qu'ils ont peur d'être assignés. L'assignation, c'est des heures supplémentaires obligatoires. L'obligation, c'est qu'ils te disent de rester. Tu n'as pas le choix, tu restes », ajoute la porte-parole syndicale.
Pratique courante
Selon la FIQ, c'est parce que leurs conditions de travail ne sont pas bonnes que les infirmières prennent des congés différés et se placent en disponibilité auprès des agences privées de placement.
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D'après le vice-président national de la FIQ, Daniel Gilbert, il s'agit d'une pratique courante dans les établissements où il y a pénurie d'infirmières. « Pour avoir des horaires et des conditions de vie acceptables, c'est la seule solution qu'elles ont, de quitter le réseau public pour aller dans le secteur privé, et c'est la problématique à laquelle on fait face maintenant », ajoute M. Gilbert.
Toutefois, peu importe le coût du recours aux infirmières recrutées par les agences privées, les administrations des établissements de santé doivent les payer à l'intérieur de leur budget annuel.
En attendant, les affaires sont bonnes pour les six agences privées de la Côte-Nord. L'une d'entre elles songe même à faire l'achat d'un motel sur place pour le confort de ses infirmières.
Le recrutement a coûté 1 million de dollars l'an dernier à l'hôpital de Baie-Comeau. Le centre compte 350 infirmières.

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